Raoul Lafagette

Élements biographiques

Raoul Lafagette,  La Voix du soir... (1892)

“ Mon sage rêve aura la suprême folie De demander sa force à sa mélancolie, De rallumer l'espoir aux ténèbres du deuil, D'affirmer le salut devant l'étroit cercueil, De crier au tombeau : Tu n'es qu'une imposture ! Et, grand visionnaire enfui de la Nature, Échappant au destin d'un coup d'aile indompté, De prouver par la mort son immortalité ! Non, je ne mourrai pas, puisque la mort me navre: Mon voeu pour croire à l'ange atteste le cadavre; L'élu palpite au sein du douloureux martyr ; L'amour qui saigne ainsi ne peut s'anéantir ! ”
Source : Gallica

Raoul Lafagette,  Pics et vallées, de novembre 1883 à septembre 1884 (1885)

“ Des fonds vertigineux, pleins de blocs de granit,
Patriarcalement montent jusqu'au zénith,
Sombres dans les verts clairs où rit la jeune pousse,
Les vieux sapins ornés de leur barbe de mousse.
Tout le passé défunt bruit en leurs rameaux ;
On est déjà plus près du ciel que des hameaux;
De mainte herbe sauvage et de la cascatelle
S'épand dans l'air subtil une effluve immortelle;
La paix va grandissant : à peine aux casse-cou
S'étouffe par instants la note du coucou ;
Enfin l'ombrage cesse, et sous l'éther sans bornes
Apparaît le chaos des rocs âpres et mornes
La Folle des Pyrénées.
”
Source : Gallica

Raoul Lafagette,  La Voix du soir... (1892)

“ Mais l'âme, plus vivante à l'heure où la paupière Se ferma, l'âme est loin de cette morne pierre, Dans la resplendissante éternité du Ciel... Affranchi par la mort, son être essentiel Embrasse l'univers, trône aux apothéoses : Ainsi le veut l'Amour, qui règle toutes choses, L'Amour, Dieu souverain plus fort que le trépas, L'Amour qui nous console et qui ne nous ment pas, L'Amour qui par mes deuils et mes rêves me crie : « La terre est ton exil et non point ta patrie! »
Arrachant ma pensée à l'horreur du tombeau, Ainsi je ne crois vrais que le Juste et le Beau
”
Source : Gallica

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