Raoul Lafagette, Pics et vallées, de novembre 1883 à septembre 1884 (1885)
“ Dans les entaillements abrupts des Pyrénées, De ses quatre sabots frappant le dur granit, L'isard, sans faire halte aux parois décharnées, Comme un zigzag d'éclair monte jusqu'au zénith. Les Isards. 97 On peut les voir humer l'aurore, et d'un pied leste Suivre la crête où va surgir l'astre éclatant; Ils passent, profilés sur la pourpre céleste, Et tout rit à l'envers dans l'immobile étang. Et quand la calme Nuit scintille sous ses voiles, La tribu fauve, aux fronts gentiment encornés, Sur un trône de rocs s'endort dans les étoiles, Le vénérable aïeul rêvant des nouveau-nés. ”
