Résumé

Michel Abadie L’Angelus des sentes

Puisque l’ample forêt chantant l’hymne des terres
De ses lèvres de lys a baisé mes doux yeux,
Et qu’aussi la Beauté dévore, aux vents des cieux,
Mon cœur, comme le tien, de rayons solitaires ;
Puisqu’aux neuves lueurs d’un printemps éolien
Mon cœur s’étoila d’aube et de sonnantes grâces,
Qu’importe qu’on m’ait dit : « Tu n’es pas de sa race
Et tous tes chants ne sont qu’un pâle écho des siens ! »
Puisque le rêve emplit mes yeux aimants, qu’importe
Que ton âme héroïque ait renié mon nom :
Les fleurs ont salué le rêve que je porte
Et Pan sacra ma voix de champêtres renoms.
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Michel Abadie L’Angelus des sentes

Vous dont l’herbe tressaille et dont j’ai foulé l’herbe,
Les pieds ensanglantés de fleurs et de rayons,
Vous avez éveillé mon enfance superbe
Dans un chaste émerveillement de papillons !
Car en vous s’est ouverte, ainsi qu’en un doux temple,
Mon âme et sa ferveur sauvage pour l’azur,
Et vous parez de tout l’éclat des rameaux amples
Les colombes que vous offrez à mes doigts purs.
Vous suspendez des luths aux genièvres rêvants
Et vous tendez aux jeunes nids la chair des mûres
L’amour d’Atys vous berce et l’azur vous murmure
L’hosanna des cieux clairs et des matins vivants !
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Michel Abadie L’Angelus des sentes

Le luth que t’ont tendu les dieux en te voyant ;
Et j’enflamme tes pas de roses et de lierre.

Lève-le plein d’éclat vers les neuf saintes sœurs
Ton luth pesant de chants mûris comme un automne !
Et que ta grave voix torrentueuse tonne
Avec des bruits d’abîme inconnus et berceurs.
La terre roule des sanglots. Fais les revivre
Au soleil de la route aimante que tu suis !
Ma force d’or t’éclaire et mon rêve t’enivre
Et tous les astres d’aube en tes beaux yeux ont lui.
Ô héros ! je t’accueille avec espoir, sachant
Qu’en toi tressaille une âme aux rythmes fiancée.
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