Auguste Bertout, Fleurs cueillies sur l'éternel chemin… (1898)
“ Ce songe, entre tous si vante', La nuit, a-t-il rempli ton âme Et brûlé, des feux de l'amour, Ton coeur, ce chaos insondable; Et seule, alors que vint le jour, Es-tu restée inconsolable? Ton coeur est l'insensible roc Que l'homme vainement attaque, C'est pierre dure qui, du choc, Jamais ne conserve la marque; Cependant, au fort d'une nuit Chaude autant que nuit des tropiques, Quand les ténèbres sont sans bruit, Tu fais des rêves angéliques. Ces rêves, d'amour azurés, Faisant battre ton coeur trop vite, Crispant tes nerfs exaspérés Par l'inutile et folle invite Sur l'éternel chemin. ”
