Résumé

Maurice Le Blond Le tombeau de Michel Abadie (1866-1922… (1924)

J'ai à peine connu Michel Abadie. Mais quand je l'ai rencontré, j'ai senti une âme claire et ardente ; c'était l'homme de ses poèmes dont la résonance est si pure, qui sont transparents, qui sortent vraiment de son cœur comme un chant. La nature était devant lui avec ses arbres, ses ruisseaux, ses fleurs, son ciel et ses oiseaux, comme autant de signes d'un univers idéal. On sentait que pour ce poète son existence sur la terre était à peine réelle. Il était doué du regard qui pénètre les choses, qui va au fond de l'être.
Source : Gallica

Maurice Le Blond Le tombeau de Michel Abadie (1866-1922… (1924)

L'azur lave son front. Des tourterelles ivres Se querellent de joie dans les lambrusques d'or. Et le rameux sentier m'entr'ouvre un corridor Que constellent les yeux des jacinthes qui jasent; Car toutes les clartés balbutient des extases Et m'illuminent l'âme avec de tendres voix.
Des lys me tendent leurs calices et je bois,
Et m'attarde, enlacé de ramures aimantes,
Aux rires d'une églogue blonde dans les menthes...
LE CŒUR DE LA FORÊT
LE HÊTRE
Tout à l'heure je viens de lire
Un livre de vers plein d'attrait
Sous un hêtre de la forêt
Qui frissonne comme une lyre.
Source : Gallica

Maurice Le Blond Le tombeau de Michel Abadie (1866-1922… (1924)

Abadie ne cherche pas l'énigme de la vie. La douceur de vivre, d'adorer, lui suffit. Il sait qu'il apporte l'ode heureuse où triomphe l'amour. En errant par la campagne, il a dérobé leur cœur aux colombes, des roses se sont effeuillées sur son âme, les sources lui ont jasé leurs rêves et, penché vers elles, il a cru les entendre pleurer en lui. Mais il est surtout le promeneur fidèle de la forêt, un des derniers sans doute qui l'aura aimée et célébrée. C'est elle qui le forma, qui lui garda un cœur juvénile et croyant. En elle, il a puisé ses chants.
Source : Gallica

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