Résumé

Portrait de Victor Hugo Victor Hugo Les Années funestes

Pas un moment du jour, ô César, ô neveu,
Qui pour toi, comme un flot qui sur des fleurs s’épanche,
Ne soit gloire, bonheur, splendeur.
Le soir, revanche.
L’ombre n’est pas à toi. Dormir, c’est être pris.
Une main, qui saisit par l’aile les esprits,
S’ouvre, et lâche le songe où luit la catastrophe ;
Le vrai surgit ; tu fais d’affreux rêves. Ma strophe
La nuit devient ta femme, et, spectre, dans tes draps
Se couche, et tu l’entends dire : — Tu ne seras
Pas même lampion ; toi qui prends des airs d’astre ! —
Ton destin t’apparaît. Tu te vois, ô désastre !
Ô deuil !
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Portrait de Victor Hugo Victor Hugo Les Années funestes

Le bien, le mal, le vrai, le faux, Judas, Jésus,
Cela compte pour vous, mais eux sont au-dessus.
Ils ont tué, pillé ; brisé la loi détruite ;
Il leur semble plaisant qu’on leur en parle ensuite ;
Sitôt qu’on est vainqueur et maître, on éconduit
L’histoire, le massacre, et la mort et la nuit.
On ne veut plus savoir dans la joie et la fête
Par quelle ombre on passa pour parvenir au faîte.
D’ailleurs cela fait-il quelque chose à quelqu’un ?
Vaincre est faire un charnier d’où s’exhale un parfum.
Ils ont vaincu. C’est bien. Cela doit vous suffire.
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Portrait de Victor Hugo Victor Hugo Les Années funestes

Guettant ses pleurs, ses cris, sa faim, sa soif, ses rêves ;
L’affreux tourment qui n’a ni relâches ni trêves,
L’étouffement, pesait sur elle. Ne pouvoir
Respirer, et râler dans l’ombre, et ne rien voir !
Ne pas dormir ! Toujours dans l’immonde cellule
Quelque fourmillement effroyable pullule.
Les murs glacés ont l’air d’être vos ennemis.
Oh ! les hideux cachots ! il semble qu’on ait mis
Un morceau de la nuit du tombeau dans ces caves.
Mais si l’on n’avait pas ces geôles, ces entraves,
Ces gênes, tout irait fort mal, et l’accusé
Peu docile, serait à tuer malaisé.
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