“ C’étaient ces reliefs non achevés qui devaient être la cause de la mélancolie de Pyrame. — Venez parler à moâ, monsieur, s’il vos plaît, me dit l’Anglais. Je m’approchai. Pyrame me reconnut, bâilla en signe de reconnaissance, se coucha sur son ventre pour se rapprocher de moi autant que possible, allongeant ses pattes sur le parquet, et son museau sur ses pattes. — Me voici, monsieur, dis-je à l’Anglais. — Bien ! fit-il. ”
Pyrame
Définition et enjeux
Citations sur “Pyrame”
William Shakespeare,
Le songe d'une nuit d'été
“ QUINCE.—Vous ne pouvez absolument faire d'autre rôle que Pyrame; car Pyrame est un homme d'une aimable figure, un homme bien fait comme on en peut voir dans un jour d'été, un très-aimable et charmant cavalier: ainsi, vous voyez bien qu'il est nécessaire que vous fassiez Pyrame. ”
William Shakespeare,
Le songe d'une nuit d'été
“ GROIN. Par Notre-Dame ! ça leur fera une peur terrible.MEURT DE FAIM. Je crois que nous devons renoncer à la tuerie comme dénoûment.BOTTOM. Pas le moins du monde. J’ai un moyen de tout arranger. Faites-moi un prologue ; et que ce prologue affecte de dire que nous ne voulons pas nous faire de mal avec nos épées et que Pyrame n’est pas tué tout de bon ; et, pour les rassurer encore mieux, dites que moi, Pyrame, je ne suis pas Pyrame, mais Bottom le tisserand : ça leur ôtera toute frayeur. ”
“ Eh bien, si je mettais cet os à six pieds, c’est-à-dire hors de la portée de l’un et de l’autre, Pyrame se contentait de tendre sa chaîne de toute la force de ses robustes épaules ; mais, ne pouvant la rompre, il demeurait les yeux sanglants et fixes, la gueule ouverte et baveuse, essayant de temps en temps, par des cris plaintifs, de conjurer la distance, ou, par des secousses désespérées, de briser sa chaîne. ”
“ Car que serait-il arrivé de moi et de Bamps, si ce boucher, nommé Valtat, n’avait point passé, et si Pyrame ne l’avait pas suivi ? Nous continuâmes notre chemin, sans nous occuper de Pyrame. À tout moment, l’homme coudoie un grand événement sans le voir et sans le sentir. ”
Gustave Geffroy,
Hermine Gilquin
“ Pyrame courait devant, revenait, entourait Hermine de cercles, sautait, se multipliait, pour hâter le retour au bercail de la brebis perdue. L’innocente bête ne se doutait pas qu’elle ramenait cette brebis vers un maître aussi dur et inexorable qu’un boucher. Mais il en est toujours ainsi du chien et de la brebis, en marche vers l’abattoir, l’un qui encourage, l’autre qui accepte, tous deux ignorants du destin. ”
William Shakespeare,
Le songe d'une nuit d'été
“ Ce gazon vert sera notre théâtre, ce buisson d'épines nos coulisses; et nous allons jouer la pièce tout comme nous la jouerons devant le duc.BOTTOM.—Pierre Quince!QUINCE.—Que dis-tu, terrible Bottom?BOTTOM.—Il y a dans cette comédie de Pyrame et Thisbé des choses qui ne plairont jamais. D'abord, Pyrame doit tirer son épée et se tuer. Les dames ne supporteront jamais cela. Qu'avez-vous à répondre?SNOUT.—Par Notre-Dame, cela leur fera une peur affreuse.STARVELING.—Je crois que nous ferons bien de laisser la tuerie de côté quand tout sera fini. ”
François de Nion,
Bellefleur: Roman d'un comédien au XVIIe siècle
“ Ayant obtenu du bateleur toute licence par le moyen de quelques flacons, j'emmenai par la persuasion d'un quartier de viande et d'une bonne corde le meurtrier de Pyrame au tripot dans lequel se tenait la tragédie. Personne ne nous ayant vus, nous nous tînmes cois derrière la toile du fond jusqu'au moment pathétique où la déplorable Babylonienne voit la figure affreuse du lion à la place de celle de son amant ”
Gaston Maspero,
Les monuments funéraires de l'Égypte ancienne
(1899)
“ LES PYRAMIDES 33 tout à la fois de l'obélisque et de la pyramide. Ajoutez à cela qu'un goût inintelligent les a surchargés d'ornements qui leur conviennent mal ; ainsi leur partie supérieure porte le plus souvent, dans la face de l'Est, car elles sont orientées, une fausse fenêtre surmontée d'une corniche; or, peut-on imaginer un motif qui soit moins à sa place, qui s'explique moins pour l'oeil et pour l'esprit? C'était par un pyramidion que se terminaient les pyramides de l'Ancien-Empire. ”
J.-Jacques Ampère, Revue des Deux Mondes
“ Les Grecs, qui voyaient du grec partout, n’ont pas manqué d’y retrouver le mot pyr, feu, parce que les pyramides étaient, dit-on, consacrées au soleil, et plus tard le mot pyros, blé, quand une tradition chrétienne en eut fait les greniers de Joseph. Ce n’est ni dans l’arabe, ni dans le grec qu’il eût fallu chercher le nom des pyramides ; ces origines sont trop récentes pour leur antiquité. C’est à l’ancienne langue, de l’Égypte conservée en partie dans le copte qu’il fallait demander ce nom qui a traversé les siècles. En copte, pirama veut dire la hauteur. ”
Auguste de Girardot, Frédéric Cailliaud de Nantes, voyageur… (1875)
“ Il s'écrie dans son livre : « Qu'on se peigne la joie que j'éprouvai en découvrant les sommets d'une foule de pyramides dont les rayons du soleil, peu élevé encore sur l'horizon, doraient majestueusement les cimes. Jamais, non jamais, jour plus heureux n'avait lui pour moi !. » Je pressai mon dromadaire, j'aurais voulu qu'il franchît avec la rapidité du trait les trois lieues qui me séparaient encore des ruines de l'antique capitale de l'Ethiopie. Enfin, j'y arrivai. Mon premier soin fut de gravir sur une éminence, pour embrasser d'un coup d'oeil l'ensemble des pyramides. ”
Alexis-Guillaume-Charles-Prosper de Hody, Godefroid de Bouillon et les rois latins de Jérusalem… (1859)
“ Une des pyramides vient-elle a s'écrouler, alors chacun de ceux qui la composaient se démène comme un possédé, écume, hurle, agite ses bras tatoués, s'élance sur la foule qu'il fend en claquant des mains, recule, retient, saisit ceux qu'il rencontre, les soulève, les balance et les jette à terre en poussant d'affreux éclats de rire. ”
Félix Bovet,
Voyage en Terre Sainte, par Félix Bovet…
(1862)
“ En approchant des pyramides, nous nous voyons enveloppés de Bédouins qui nous offrent des antiquités, — lampes sépulcrales, urnes, scarabées, — et qui, sans-nous laisser le temps de nous reposer un instant à l'ombre, — veulent, au débotté, nous faire faire l'ascension de la grande pyramide. Un Anglais s'est cassé le cou, il y a peu d'années, en voulant y grimper seul, et dès lors les pyramides ont leurs guides comme le mont Blanc. ”
Adam-Charles-Gustave Desmazures,
Cours d’archéologie - les Indes…
“ Ce sont les plus anciens monuments du monde, les plus parfaitement conservés contre l’injure des siècles ; ce sont des tombeaux au moins soixante fois séculaires, ce sont les Pyramides. C’est la seule des sept merveilles du monde que le temps ait épargnée, dit M. Ampère, les pyramides que tant de poètes ont célébrées jusqu’à Delille à qui elles ont inspiré un vers plus grand que lui : « Leur masse indestructible a fatigué le temps. » C’est ce que disent les Arabes : toutes choses craignent le temps, mais le temps craint les pyramides. ”
Gustave Flaubert,
Correspondance de Gustave Flaubert
“ Du reste l’ascension des pyramides, comme leur visite intérieure (cela est peut-être plus difficile) est une vraie niaiserie quant à la difficulté. Elles ont cela de drôle, ces braves pyramides, que plus on les voit, plus elles paraissent grandes. Au premier abord, n’ayant aucun point de repère à côté, on n’est nullement surpris de leur taille. À cinquante pas, chaque pierre n’a pas l’air plus considérable qu’un pavé. Vous vous en approchez ; chaque pavé a huit pieds de haut et autant de large. ”
François-René de Chateaubriand,
Les Natchez
“ Partout se forment des pyramides où les guerriers moissonnés par le fer sont entassés au hasard : les uns ont le visage tourné vers la terre, qu’ils pressent de leurs bras raidis ; les autres laissent flotter leurs chevelures sanglantes du haut des pyramides funèbres comme les plantes humides de rosée pendent du flanc des roches ; ceux-ci sont tournés sur le côté ; ceux-là semblent regarder le ciel de leurs yeux hagards, et sur leurs traits immobiles la mort a fixé les convulsions de la vie fugitive. Des têtes séparées du tronc, des membres mutilés remplissent les vides de ces trophées ”
Maxime Du Camp,
Le Nil : Égypte et Nubie (2e éd…
(1877)
“ Avant-garde des pyramides, impassible sous le ciel, que fait-il là depuis cinquante siècles au milieu des solitudes? les Pha- raons, les Éthiopiens, les Perses, les Lagides, les Romains, les chrétiens du Bas-Empire, les conquérants arabes, les Fatimites, les Mameluks, les Turcs, les Français, les Anglais ont dormi à son ombre ; les temps, les nations, les religions, les mœurs, les lois ont défilé devant lui; chaque mot de l'histoire a frappé sa large oreille entourée des bandelettes sacrées ; on est tenté de lui dire : « Oh ! si tu pouvais parler ! » ”
“ Et voyez comme tout cela est en parfait accord avec l’esprit qui a présidé à la construction des pyramides, comme les tombeaux que nous venons de décrire d’une part, les pyramides de l’autre, procèdent bien de la préoccupation de se bâtir à soi-même une demeure inaccessible pour l’éternité. La pyramide n’est autre chose que la « maison éternelle » des rois ou des personnes de la famille royale. ”
Adam-Charles-Gustave Desmazures,
Cours d’archéologie - les Indes…
“ Pour avoir une idée des pyramides, il faut les contempler plusieurs fois et à différentes heures du jour. Lorsqu’on les voit de loin dès le matin, le soleil n’éclaire que la partie supérieure qui semble comme allumée d’une flamme mystérieuse. Au milieu du jour les pierres paraissent d’un ton uni et mat, mais aux approches du soir, elles reflètent les lueurs du soleil couchant. ”
Godefroid Kurth,
Mizraim : souvenirs d'Égypte
(1912)
“ Et Mariette raconte que c'est la corvée encore' qui lui a fourni les terrassiers avec lesquels il a pu faire les fouilles de Sakkarah. Voilà à quel prix on eut les Pyramides : il suffisait d'y mettre les vies humaines. Elles sont les lugubres témoins des souffrances de l'humanité. Si leurs pierres pouvaient parler, quel poème de douleur et de mort chacune d'elles nous raconterait! Et quelle pyramide d'un autre genre on ferait avec les ossements des multitudes infortunées qui ont succombé sous ce travail meurtrier! ”
Alfred Driou, L'Antiquité pittoresque.... Les origines du monde… (1873)
“ Il était pourtant bien naturel de voir dans les Pyramides l'extension d'un type commun à tous les peuples, à savoir la petite butte de terre qui recouvre un corps inhumé. Et, à l'appui de cette induction, il est bon de remarquer que beaucoup des Pyramides qui jalonnent l'Egypte, au lieu d'être parfaitement carrées, sont rectangulaires, ce qui offre une analogie de plus avec ce petit tertre qui s'élève sur les restes mortels de l'homme. ”
Edouard Corbière,
Le Banian, roman maritime (1/2…
“ Son but brille dans l'ombre; la pyramide de feu aime à se couronner et à s'environner du démon des ténèbres, car les ténèbres sont aussi la parure invisible dont la pyramide de feu aime à couronner son front brûlant, en se mirant, la coquette qu'elle est, dans le miroir mystérieux de la face du ciel noir! ”
Percy Bysshe Shelley,
Œuvres poétiques complètes de Shelley
“ Les Pyramides qui pendant des millenium ont résisté à la marée des choses humaines, son souffle de tempête les a réduites en sable, en travers de ce désert où leur masse de pierre faisait survivre le nom de celui dont l’orgueil les y avait élevées. Ce monarque , là-bas, dans sa pompe solitaire, n’était que le champignon d’un jour d’été, que ses pas ailés de lumière ont réduit en poussière. Le Temps était le roi de la terre ”
Antoine Chrysostome Quatremère de Quincy,
Encyclopédie méthodique
(1788)
“ Et comme, en Egypte, le petit monticule, élevé sur le corps mort, devint le type de la plus grande pyramide, de même la pyra, assemblage de bois, disposé pour la combustion du mort, se trouva converti insensiblement en un bûcher décoratif, à plusieurs étages, qui devoit bientôt devenir, par une conversion nouvelle en matière solide, un des plus magnifiques ouvrages de l’architecture. ”
Fernand Pignatel, L'Offertoire (1921)
“ Il a fallu des milliers d'années pour que les longues théories d'esclaves de Gizeh bâtissent cette chose simple, la pyramide, premier volume possible, symbole du monde physique. Des siècles entassés sur des siècles furent nécessaires aux foules des artistes pour sculpter sur le roc les colosses à barbe frisée, aux flancs de taureaux, aux griffes de lions, aux ailes d'aigles, qui ornaient les palais de Ninive pour dire le Mystère de la Bête humaine. ”
Gérard de Nerval,
Voyage en Orient
“ Les Bédouins, survenus à l’improviste, avaient, dit-on, dissipé son escorte et bouché avec de grosses pierres l’entrée de la pyramide, qui n’a guère qu’un mètre et demi en hauteur et en largeur. Un escadron de chasseurs survenu par hasard le tira du danger. Il est certain que la chose n’est pas impossible et que ce serait une triste situation que de se voir pris et enfermé dans l’intérieur de la grande pyramide. ”
Gustave Chaudet, La flûte et le clairon : poésies (1915)
“ La lune, sur les bois, figure pleine et claire, Ricanait sur l'énorme et tragique charnier. Pyram, couché près de l'intrépide guerrier, Léchait, avec amour, la blessure mortelle D'où le sang s'écoulait comme une eau qui ruisselle. Quand on vint relever les blessés et les morts, Pyram veillait toujours jalousement le corps De son maître mourant. Il en suivit la trace A l'ambulance avec un dévoûment tenace. Chez lui, la vie aussi, peu à peu, s'en allait, Car il refusait tout, même sa part de lait ; Il n'avait plus mangé depuis l'heure fatale Où son maître tomba, frappé par une balle. ”
Pierre Loti,
Les Derniers Jours de Pékin
“ Malgré leur vieillesse, elles étincellent encore sous ce soleil rougissant, les pyramides de faïence jaune aux contours arqués avec une grâce qui nous est inconnue; à tous les angles de leurs sommets, des ornements simulent de grandes ailes, et puis en bas, vers les bords, viennent les rangées de monstres, dans ces mêmes poses qui se recopient de siècle en siècle, qui sont consacrées et immuables. ”
J.-Jacques Ampère, Revue des Deux Mondes
“ Comme j’approchais, j’en ai vu descendre un Arabe qui s’était mis là en embuscade dans l’intention de découvrir de loin les voyageurs, non pour les détrousser, mais pour leur offrir ses services. Il n’y a pas plus de solitude maintenant au pied des pyramides qu’au milieu des ruines de Rome. Vous voulez rêver sous un palmier, il en dégringole sur votre tête un cicérone. Au nord de la seconde pyramide, on voit sur le rocher quelques hiéroglyphes très distinctement tracés. Ils nous reportent à une époque comparativement bien moderne ”
Félix Ribeyre,
Voyage de S. M. l'Impératrice en Corse et en Orient…
“ D'abord le Vice-Roi avait rêvé de célébrer la fête de S.M. l'Impératrice des Français aux Pyramides, par une des belles nuits étoilées de l'Orient ! Dix mille soldats vêtus de blanc et armés de torches auraient été étages sur les degrés des Pyramides, depuis la base jusqu'au faîte, tandis que des milliers de Bédouins auraient exécuté des fantasias frénétiques au pied des colosses de pierre, dans le rayonnement des torches rouges et dans l'azur transparent de la nuit. ”
J.-Jacques Ampère, Revue des Deux Mondes
“ Si l’histoire véritable des pyramides est courte, leur histoir légendaire est longue. L’on conçoit facilement que ces masses énormes et closes dont on ne savait point l’origine et dans l’intérieur desquelles on pouvait supposer tant de merveilles, aient parlé en tout temps à l’imagination des hommes, depuis les voyageurs grecs jusqu’à l’Italien Caviglia, lequel, à force de fouiller les pyramides et de vivre à leur ombre, avait fini par mettre une véritable superstition dans ses travaux, qui, du reste, ont produit des découvertes très positives ”
J.-Jacques Ampère, Revue des Deux Mondes
“ Les premiers rois avaient imaginé les pyramides ; mais les pyramides elles-mêmes peuvent être détruites par la main de l’homme. Naguère l’une d’elles a failli succomber sous les instrumens de la civilisation mis au service de la barbarie. Il était plus sûr encore d’abriter ses restes dans le sein de ces pyramides naturelles qui dominent la plaine de Thèbes, de ces montagnes calcaires qui, entièrement dépourvues de végétation, ne recevant jamais l’eau du ciel, n’étant traversées par aucune source, offrent toutes les garanties possibles de permanence et d’indestructibilité. ”
Maxime Du Camp,
Le Nil : Égypte et Nubie (2e éd…
(1860)
“ Je m'y suis promené à cheval après avoir descendu la pente de rochers grisâtres qui servent de bases aux Pyramides. De larges dalles schisteuses, de petits cailloux arrondis comme des galets sont mêlés au sable rose où des traces de bêtes féroces s'enfoncent profondément; auprès d'une caverne, elles sont si nombreuses que le sol en paraît labouré. Tout est calme, pas un animal ne remue, pas un oiseau ne vole au-dessus de ma tête, nulle caravane ne passe lentement aux chants des chameliers ; le désert rejoint le ciel à l'horizon ; lorsque je me retourne, je vois les Pyramides ”
