Fernand Pignatel, L'Offertoire (1921)
“ C'est le décor du drame sinistre, la scène de la Mort fastueuse avec ce seul acteur visible : le coureur. Il est l'homme dans ce néant, il est l'infiniment petit dans le gigantesque, car tout ici semble plus vaste, plus grandiosement tragique sous la plainte longue de l'obus. L'être a surgi de la terre. Il court. La vie est ainsi sortie de la boue, victorieuse. La créature est encore là, où rien ne subsiste. La matière semblait ensevelir l'Homme et l'homme bondit. La plaine est une enclume sur laquelle le marteau d'un géant frappe sans relâche, et dans la fumée, le coureur passe. ”
