Fernand Pignatel

Résumé

Fernand Pignatel,  L'Offertoire (1921)

“ C'est le décor du drame sinistre, la scène de la Mort fastueuse avec ce seul acteur visible : le coureur. Il est l'homme dans ce néant, il est l'infiniment petit dans le gigantesque, car tout ici semble plus vaste, plus grandiosement tragique sous la plainte longue de l'obus.
L'être a surgi de la terre. Il court. La vie est ainsi sortie de la boue, victorieuse. La créature est encore là, où rien ne subsiste.
La matière semblait ensevelir l'Homme et l'homme bondit. La plaine est une enclume sur laquelle le marteau d'un géant frappe sans relâche, et dans la fumée, le coureur passe.
”
Source : Gallica

Fernand Pignatel,  L'Offertoire (1921)

“ Cet immense sacrifice de l'être à la douleur, l'offre qu'il fait de son corps lassé à la mort a son rire, par quoi l'homme se grandit jusqu'au dieu. Ce rire est un triomphe parce qu'il est le cri même de la vie, parce qu'il fouette, parce qu'il domine la souffrance.
Jamais le rire ne fut plus splendide qu'à cette époque où on a tant pleuré, le rire des tranchées qui est du mépris pour la Fatalité, qui est un crachat à la bêtise humaine. Mais si grandiose que soit le rire de ce Prométhée enchaîné à la boue, le géant devient parfois une pauvre chose qui souffre.
”
Source : Gallica

Fernand Pignatel,  L'Offertoire (1921)

“ Tu payes de ta souffrance l'innombrable variété de fautes d'un long passé. Prends cette blague à tabac et bourre ta pipe. En fumant, le spectacle de la douleur te semblera moins effrayant. Ne cherchons pas à déchirer le voile qui cache le poignant mystère du mal. Des siècles fastueux de
science, de travail, de civilisation ont abouti à cela, des hommes vivant dans la boue, dormant dans des tanières de bêtes, se vautrant dans la fange la plus immonde et se faisant gravement tuer. C'est un fait, constatons-le et concluons que nos pères ont dû se tromper. L'humanité suivait un mauvais chemin.
”
Source : Gallica

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