Résumé

Francis Tourte Rémi, ou Croyance et martyre : nouvelle en vers (1843)

Avoir dans son essor vu le zénith du ciel, Et, sanglant, mutilé, retomber sur la terre!
Avoir dans son amphore et le nard et le miel, Ne boire qu'une lie amère!
Voilà de ces éclats, de ces coups du destin, Qui n'ont jamais frappé ton humble solitude, Démocrite, qui n'eus, à ton riant matin, D'amour, que l'amour de l'étude.
Oui, tu peux mépriser notre pauvre univers; Seul, debout sur la nef, voir l'ouragan sans craindre, Et jeter ton dédain, tes sarcasmes amers Au grain qui passe sans t'atteindre.
Frère, tu ne sais pas que dans le cœur, au fond, Il est une justice implacable, ignorée.
Source : Gallica

Francis Tourte Rémi, ou Croyance et martyre : nouvelle en vers (1843)

C'est a toi cet encens que ta bonté nous verse, Ta main édifia ce que ta main renverse; Que le nom de Dieu soit béni !
Et Job, ce Job frappé d'un ulcère homicide, Ce lépreux dérobant ses membres amaigris, Qui secoue et qui tord sa litière fétide, Arrache de sa chair les vestiges pourris!
Celui-là dont Satan a tramé la ruine, Ce martyr qu'on lapide, et qui prie et s'incline, C'est ton frère qui meurt, mais qui ne maudit pas !
Celui-là, c'est Remi, l'opulent de la veille, Mendiant ce fumier où la souffrance veille, Où l'agonie étend ses bras !
Source : Gallica

Francis Tourte Rémi, ou Croyance et martyre : nouvelle en vers (1843)

Ces grands, armés de leur trésor, Pensent que devant eux tout obstacle s'écroule; Qu'un avenir détruit, un présent que l'on foule.
Se rachètent avec de l'or !
Je fuirais ce séjour sans remords, sans envie, Si je n'y laissais pas la moitié de ma vie, Cette âme attachée à mon sort; Si je ne laissais pas dans le fond de ce gouffre Cette vierge du ciel qui souffre si je souffre, Celle qui mourra de ma mort.
La mort pour vous, Anna! la mort, je la défie; Anna, sur ce calvaire où l'on me crucifie,
L'agonie aurait sa douceur, Si vous n'embrassiez pas ma croix
Source : Gallica

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