Résumé

Alfred Ruffin Poésies variées et Nouveaux chats (1890)

J'ai des pleurs dans les yeux et presque du remords Quand je dois vous quitter, saints pays de bombance, Où j'apprendrais, je crois, avec si peu d'efforts La vertu qui consiste à bien garnir sa panse !
Mais dans ce vieux Paris, qui n'offre à son enfant Que le verre bleui des boissons frelatées, Entre ses murs où tout se mesure et se vend, L'air malsain des taudis et les viandes gâtées,
La science, nectar meilleur pour le cerveau Que le vin dont là-bas le paysan s'abreuve, S'épanche inépuisable, élevant le niveau Des esprits de tout rang qui boivent à son fleuve
Source : Gallica

Alfred Ruffin Poésies variées et Nouveaux chats (1890)

Mais la sotte beauté sans coeur et sans cerveau, Fille d'os et de chair, qu'en vrai fou j'idolâtre, Qui n'a pour me charmer que la fleur de sa peau Et l'ondulation de ses contours d'albâtre,
Bête que par baisers, caresses et discours, A transformer en femme en vain je m'évertue, Pour me laisser l'espoir de l'adorer toujours, Ne pourrais-tu, Jupin, la changer en statue?
Source : Gallica

Alfred Ruffin Poésies variées et Nouveaux chats (1890)

Lorsqu'au bois il entra, les branches sur sa tête Berçaient un gai soleil dans leurs feuillages blonds; Les nids retentissaient, un sourire de fête Dorait tout à ses yeux dans les lointains profonds ;
Et, comme il s'avançait triomphant sous leur dôme, Les chênes s'agitaient comme pour l'accueillir: Ébloui des splendeurs de son futur royaume, Il s'assit en songeant au bonheur d'y vieillir.
Mais sur le ciel bientôt s'élargit un point sombre, La forêt transparente éteignit sa clarté, L'herbe se refroidit, l'oiseau se tut dans l'ombre, Et la feuille pendit dans l'immobilité.
Source : Gallica

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