Albéric d' Antully

Fantaisie (1865)

Résumé

Albéric d' Antully Fantaisie (1865)

Tu te tais... Que t'importe et ma vie et mes larmes ? Moi mort, il pourra mieux peut-être te chérir. Non, non, comme l'amour la vengeance a ses charmes, C'est lui qui va mourir.
Tu me détesteras autant que je t'adore,
Tu l'as par ton aveu toi-même condamné. Au coeur d'un ennemi je sais plonger encore Le fer empoisonné.
Je veux que son supplice et t'indigne et te navre, Car j'irai l'insulter jusque dans son tombeau, Et sous tes yeux ma main jettera son cadavre En pâture au corbeau.
Source : Gallica

Albéric d' Antully Fantaisie (1865)

Dans l'abîme du vice un coeur roule aussi bas.
Lorsque le voyageur, au seuil du Finistère,
Atteint de Saint-Michel la dune solitaire,
Une croix de granit lui montre le danger Des sables où sans guide il ose s'engager.
S'il la voit sur la mer s'élever immobile,
Son retour au rivage est encore facile.
Le granit sous les flots vient-il de s'engloutir,
De la grève inondée il ne peut plus sortir.
La croix sur cette route, image de la vie,
Malheur à l'orgueilleux qui ne l'a point suivie !
Où la croix disparaît, il résiste impuissant Au flot des passions qui monte menaçant.
Source : Gallica

Albéric d' Antully Fantaisie (1865)

Qui, moins prompt à briller, sait plus longtemps séduire.
A propos des doux yeux que tout le monde admire, Ne craignez de ma part, madame, aucun aveu.
Plus d'un secret du coeur sur les lèvres expire En un compliment fade où l'on s'embrouille un peu.
J'aime, et vous l'ignorez... Si j'osais vous le dire, Me répondriez-vous, blonde au tendre sourire, Que l'orchestre enivrant vous appelle à grand bruit ?
Le coeur, comme un oiseau, chante dans le silence.. Vous ne m'écoutez guère ; une valse commence. Le plaisir vous emporte, et c'est l'amour qui fuit.
Source : Gallica

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