Jean-Antoine Roucher

Jean-Antoine Roucher

Résumé

Portrait de Jean-Antoine Roucher Jean-Antoine Roucher,  Les Mois

“ Se cache, et sur ses pas entraînant les étoiles,
Elle fuit devant l’aube au visage d’argent,
Que ramène en ce mois un char plus diligent.
Tout-à-coup les forêts, n’aguère abyme informe,
Qu’enveloppoit la nuit de sa robe uniforme,
Semblent, ainsi qu’au jour où naquit l’univers,
Éclore, et s’ombrager de leurs panaches verds.
La scène s’agrandit ; la mer s’étend, s’allonge ;
Dans son immensité l’horizon se prolonge ;
L’orient va r’ouvrir son palais de vermeil,
Il l’ouvre ; et tout armé s’élance le soleil.
”
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Portrait de Jean-Antoine Roucher Jean-Antoine Roucher,  Les Mois

“ Mon ame, trop long-tems de préjugés nourrie,
Croit entendre les morts : je pâlis, je m’écrie,
J’appelle ma raison contre ma folle erreur ;
Et je parviens à peine à dompter ma terreur.
Nuit sombre : mais quel jour plus sombre lui succède !
Qu’il est foible, incertain ! Quelle vapeur l’obsède !
Froide et contagieuse, elle monte en flottant,
Et comme un fleuve impur s’épaissit et s’étend.
Je ne vois plus des monts l’inégale surface ;
Plaines, fleuves, cités, tout s’éteint, tout s’efface.
Je ressemble au mortel, qui loin du jour languit
Dans ces cachots, voisins de l’éternelle nuit.
”
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Portrait de Jean-Antoine Roucher Jean-Antoine Roucher,  Les Mois

“ Tout d’un monde vieilli nous peint la sombre image ;
Tout de pensers de mort conspire à me nourrir.
Je lis autour de moi : ce qui naît doit mourir.
Mais j’y peux lire aussi : ce qui meurt doit renaître.
Héraut de cette loi, que tu nous fis connoître,
Ô vieillard de Samos ! Viens, parle, et dans mes vers
Que ta sagesse encor instruise l’univers.
Rien ne s’anéantit, non rien ; et la matière
Comme un fleuve éternel roule toujours entière.
Qui pourroit au grand-tout fournir des alimens,
Si les êtres, détruits jusqu’en leurs élémens,
Du néant chimérique étoient jamais la proie ?
”
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