“ C’est de ces doux tributs de la terre et de l’onde Qu’elle revient nourrir sa famille féconde, Qu’elle forme une cire aussi pure que l’or, Et pétrit de son miel le liquide trésor. Bientôt abandonnant les ruches maternelles, Ce peuple, au gré des vents qui secondent ses ailes, Fend les vagues de l’air, et sous un ciel d’azur S’avance lentement, tel qu’un nuage obscur : Suis sa route ; il ira sur le prochain rivage Chercher une onde pure et des toits de feuillage : Fais broyer en ces lieux la mélisse ou le thym ”
Virgile
Résumé
Les Géorgiques de Virgile, rédigées au Ier siècle av. J.-C., forment un poème didactique consacré à l'agriculture et à la vie rustique. À travers des descriptions poétiques des champs, des troupeaux, des ruisseaux et des arbres, l'œuvre combine conseils pratiques et méditations sur la nature.
Virgile aborde les cycles des saisons, les méthodes de culture, ainsi que les risques liés aux maladies animales, tout en glorifiant la sérénité des campagnes. Ce texte, à la fois manuel agricole et chant en l'honneur de la terre, incarne un idéal de prospérité et d'équilibre entre l'homme et son environnement.
Citations de Les Géorgiques (Virgile)
“ Tout ce peuple d’oiseaux, avide de pillage, Ils exercent partout un affreux brigandage, Et saisissant l’abeille errante sur le thym, En font à leurs enfants un barbare festin. Je veux près des essaims une source d’eau claire, Des étangs couronnés d’une mousse légère ; Je veux un doux ruisseau fuyant sous le gazon, Et qu’un palmier épais protège leur maison. Ainsi, lorsqu’au printemps, développant ses ailes, Le nouveau roi conduit ses peuplades nouvelles, Cette onde les invite à respirer le frais, Cet arbre les reçoit sous son feuillage épais. ”
“ Tout à coup il s’élance, et, plus prompt que l’éclair, Dans les champs effleurés il court, vole, et fend l’air. Tel le fougueux époux de la jeune Orythie Vole et disperse au loin les frimas de Scythie, Fait frémir mollement les vagues des moissons, Balance les forêts sur la cime des monts, Chasse et poursuit les flots de l’océan qui gronde, Et balaie, en fuyant, les airs, la terre et l’onde. Un jour tu le verras, ce coursier généreux, Ensanglanter son mors et vaincre dans nos jeux ; Ou, plus utile encor, dans les champs de la guerre, Sous de rapides chars faire gémir la terre. ”
