“ Beau d’orgueil et d’amour, il vole à ses amantes : Quand je ne le vois plus, mon œil le suit encor. Ainsi de la nature épuisant le trésor, Le terrein, les aspects, les eaux et les ombrages Donnent le mouvement, la vie aux paysages. Mais si du mouvement notre œil est enchanté, Il ne chérit pas moins un air de liberté. Laissez donc des jardins la limite indécise, Et que votre art l’efface, ou du moins la déguise. Où l’œil n’espère plus, le charme disparaît. Aux bornes d’un beau lieu nous touchons à regret : Bientôt il nous ennuie, et même nous irrite. ”
Résumé
"Les Jardins", poème de Jacques Delille, explore la relation entre l'homme et la nature à travers des paysages idéalisés, des bosquets, des ruisseaux et des arbres. L'œuvre célèbre la beauté des espaces naturels tout en soulignant l'importance de l'harmonie entre art et environnement.
À travers des images poétiques, Delille questionne le luxe excessif et défend une approche sobre, où les jardins deviennent des lieux de liberté et de méditation. Ce texte, riche en allusions mythologiques et en descriptions sensorielles, synthétise la vision romantique d'un monde où la nature éveille l'âme humaine.
Citations de Les Jardins (Jacques Delille)
“ Logez plus richement ces oiseaux de parade ; Eux-mêmes sont un luxe, et puisque leur beauté Rachète à vos regards leur inutilité, De ces captifs brillants que les prisons soient belles. Surtout ne m’offrez point ces animaux rebelles, De qui l’orgueil s’indigne, et languit dans nos fers. Eh quel œil sans regret peut voir le roi des airs, L’aigle, qui se jouoit au milieu de l’orage, Oublier aujourd’hui dans une indigne cage La fierté de son vol, et l’éclair de ses yeux ? Rendez-lui le soleil et la voûte des cieux : Un être dégradé ne peut jamais nous plaire. ”
“ Et Mars a de Vénus déserté les bosquets. Dieux des champs, dieux amis de l’innocente paix, Ne craignez rien. Louis, au lieu de vous détruire, Veut sur des bords lointains étendre votre empire ; Il veut qu’un peuple ami, trop longtemps opprimé, Recueille en paix le grain que ses mains ont semé. Et vous, jeunes guerriers qu’admire un autre monde, Je ne puis vers York, sur les gouffres de l’onde Suivre votre valeur ; mais pour votre retour Ma muse des jardins embellit le séjour. ”
“ À l’espoir d’un regret ne sent pas quelque charme, Et des yeux d’un ami n’attend pas une larme ? Pour consoler leur vie, honorez donc leur mort. Celui qui de son rang faisant rougir le sort, Servit son dieu, son roi, son pays, sa famille, Qui grava la pudeur sur le front de sa fille, D’une pierre moins brute honorez son tombeau ; Tracez-y ses vertus et les pleurs du hameau ; Qu’on y lise : Ci-gît le bon fils, le bon père, Le bon époux. Souvent un charme involontaire Vers ces enclos sacrés appellera vos yeux. ”
“ Du ciel dans le lointain laissant percer l’azur, Des sources, des ruisseaux le cours brillant et pur, Tout rappelle à l’esprit ces magiques retraites, Ces romanesques lieux qu’ont chantés les poètes. Heureux si ces grands traits embellissent vos champs ! Mais dans votre tableau leurs tons seroient tranchants. C’est là, c’est pour dompter leur inculte énergie, Qu’il faut d’un enchanteur le charme et la magie. Cet enchanteur, c’est l’art ; ces charmes, sont les bois. Il parle ; les rochers s’ombragent à sa voix, Et semblent s’applaudir de leur pompe étrangère. ”
“ Ne cachez point un temple au fond d’un bois sauvage ; Un temple veut paroître au penchant d’un coteau. Son site aérien répand dans le tableau L’éclat, la majesté, le mouvement, la vie. Je crois voir un aspect de la belle Ausonie. Telle est des bâtiments la grâce et la beauté. Mais de ces monuments la brillante gaieté, Et leur luxe moderne, et leur fraîche jeunesse, Des antiques débris valent-ils la vieillesse ? L’aspect désordonné de ces grands corps épars, Leur forme pittoresque attache les regards. Par eux le cours des ans est marqué sur la terre. ”
“ C’est au tombeau d’Hector son Andromaque en pleurs. Qu’ainsi votre art m’égare en de douces erreurs. Des plus riants objets égayez le passage, Et qu’au terme arrivés votre art nous dédommage, Par d’aimables aspects, de riches ornements, De ce vivant poème épisodes charmants. Ici, vous m’offrirez des antres verts et sombres, Qu’habitent la fraîcheur, le silence et les ombres. L’imagination y devance les yeux. Plus loin, c’est un beau lac qui réfléchit les cieux. ”
“ Venez ; de vos oiseaux j’entends déjà les chants ; J’entends rouler les chars qui traînent l’abondance, Et le bruit des fléaux qui tombent en cadence. Ornez donc ce séjour. Mais absurde à grands frais, N’allez pas ériger une ferme en palais. Élégante à la fois et simple dans son style, La ferme est aux jardins ce qu’aux vers est l’idylle. Ah ! par les dieux des champs, que le luxe effronté De ce modeste lieu soit toujours rejeté. N’allez pas déguiser vos pressoirs et vos granges. Je veux voir l’appareil des moissons, des vendanges. ”
“ Un jour, dans ces jardins où Louis à grands frais De vingt climats divers en un seul lieu rassemble Ces peuples végétaux surpris de croître ensemble, Qui, changeant à la fois de saison et de lieu, Viennent tous à l’envi rendre hommage à Jussieu, L’indien parcouroit leurs tribus réunies, Quand tout-à-coup, parmi ces vertes colonies, Un arbre qu’il connut dès ses plus jeunes ans Frappe ses yeux. Soudain, avec des cris perçants Il s’élance, il l’embrasse, il le baigne de larmes, Le couvre de baisers. ”
“ Et Diane et Vénus enchantent ce beau lieu. Tout bosquet est un temple, et tout marbre est un dieu ; Et Louis, respirant du fracas des conquêtes, Semble avoir invité tout l’Olympe à ses fêtes. C’est dans ces grands effets que l’art doit se montrer. Mais l’esprit aisément se lasse d’admirer. J’applaudis l’orateur dont les nobles pensées Roulent pompeusement, avec soin cadencées : Mais ce plaisir est court. Je quitte l’orateur Pour chercher un ami qui me parle du cœur. Du marbre, de l’airain que le luxe prodigue, Des ornements de l’art l’œil bientôt se fatigue ”
“ Or, maintenant que l’art dans ses jardins pompeux Insulte à mes travaux, dans mes jardins heureux Partout respire un air de liberté, de joie ; La pelouse riante à son gré se déploie ; Les bois indépendants relèvent leurs rameaux ; Les fleurs bravent l’équerre, et l’arbre les ciseaux ; L’onde chérit ses bords, la terre sa parure ; Tout est beau, simple et grand : c’est l’art de la nature. ”
“ Pleurent leur doux ombrage ; et, redoutant la vue, Vénus même une fois s’étonna d’être nue. Croissez, hâtez votre ombre, et repeuplez ces champs, Vous, jeunes arbrisseaux ; et vous, arbres mourants, Consolez-vous. Témoins de la foiblesse humaine, Vous avez vu périr et Corneille et Turenne : Vous comptez cent printemps, hélas ! et nos beaux jours S’envolent les premiers, s’envolent pour toujours ! Heureux donc qui jouit d’un bois formé par l’âge ; Mais trop heureux aussi qui créa son bocage ! ”
“ Les arbres tout-à-coup déploîroient leurs ombrages. Le chêne, le tilleul, le cèdre et l’oranger En cadence viendroient dans mes champs se ranger. Mais l’antique harmonie a perdu ses merveilles ; La lyre est sans pouvoir, les rochers sans oreilles ; L’arbre reste immobile aux sons les plus flatteurs, Et l’art et le travail sont les seuls enchanteurs. Apprenez donc de l’art quel soin et quelle adresse Donne aux arbres divers la grâce ou la richesse. Par ses fruits, par ses fleurs, par son beau vêtement, L’arbre est de nos jardins le plus bel ornement. ”
“ Ces dieux n’étoient-ils pas laboureurs et bergers ? Pourquoi donc leur fermer vos bois et vos vergers ? Sans Pomone, vos fruits oseront-ils éclore ? De l’empire des fleurs pouvez-vous chasser Flore ? Ah ! que ces dieux toujours enchantent nos regards ! L’idolâtrie encore est le culte des arts. Mais que l’art soit parfait ; loin des jardins qu’on chasse Ces dieux sans majesté, ces déesses sans grâce. À chaque déité choisissez son vrai lieu. Qu’un dieu n’usurpe pas les droits d’un autre dieu. ”
“ Je me plus à chanter les prés, l’onde et l’ombrage, Beaux lieux, offrez longtemps à votre possesseur L’image de la paix qui règne dans son cœur. Autant que la rivière en sa molle souplesse D’un rivage anguleux redoute la rudesse, Autant les bords aigus, les longs enfoncements Sont d’un lac étendu les plus beaux ornements. Que la terre tantôt s’avance au sein des ondes ; Tantôt qu’elle ouvre aux flots des retraites profondes ”
“ Des divers plants encor la forme et l’étendue Sous des aspects divers se présente à la vue. Tantôt un bois profond, sauvage, ténébreux, Épanche une ombre immense ; et tantôt moins nombreux Un plant d’arbres choisis forme un riant bocage. Plus loin, distribués dans un frais paysage, Des groupes élégants fixent l’œil enchanté : Ailleurs, se confiant à sa propre beauté, Un arbre seul se montre, et seul orne la terre. ”
“ Les heures, les saisons, variant tour à tour Le cercle de l’année et le cercle du jour, Et des prés émaillés les riches broderies, Et des riants coteaux les vertes draperies, Les arbres, les rochers, et les eaux, et les fleurs, Ce sont là vos pinceaux, vos toiles, vos couleurs ; La nature est à vous ; et votre main féconde Dispose, pour créer, des éléments du monde. Mais avant de planter, avant que du terrein Votre bêche imprudente ait entamé le sein, Pour donner aux jardins une forme plus pure, Observez, connoissez, imitez la nature. ”
“ Heureux, cent fois heureux l’artiste des jardins, Dont l’art peut s’emparer de ces restes divins ! Déjà la main du temps sourdement le seconde ; Déjà sur les grandeurs de ces maîtres du monde La nature se plaît à reprendre ses droits. Au lieu même où Pompée, heureux vainqueur des rois, Étaloit tant de faste, ainsi qu’aux jours d’Évandre, La flûte des bergers revient se faire entendre. ”
“ Et, comblant les vallons et rasant les coteaux, D’un sol heureux formoit d’insipides plateaux. Par un contraire abus l’art, tyran des campagnes, Aujourd’hui veut créer des vallons, des montagnes. Évitez ces excès. Vos soins infructueux Vainement combattroient un terrein montueux ; Et dans un sol égal, un humble monticule Veut être pittoresque, et n’est que ridicule. Désirez-vous un lieu propice à vos travaux ? Loin des champs trop unis, des monts trop inégaux, J’aimerois ces hauteurs où, sans orgueil, domine Sur un riche vallon une belle colline. ”
“ Plusieurs arbres encor retiennent leurs feuillages. Voyez l’if et le lierre, et le pin résineux, Le houx luisant, armé de ses dards épineux, Et du laurier divin l’immortelle verdure, Dédommager la terre et venger la nature. Voyez leurs fruits de pourpre et leurs glands de corail Au vert de leurs rameaux mêler un vif émail. Au milieu des champs nus leur parure m’enchante, Et plus inespérée en paroît plus touchante. De vos jardins d’hiver qu’ils ornent le séjour. Là, vous venez saisir les rayons d’un beau jour. ”
“ Adieu, charmants bosquets, adieu, vertes prairies ; Ces masses de rochers confusément épars Sur leur informe aspect appellent mes regards. De nos jardins voués à la monotonie Leur sublime âpreté jadis étoit bannie. Depuis qu’enfin le peintre y prescrivant des lois, Sur l’arpenteur timide a repris tous ses droits, Nos jardins plus hardis de ces effets s’emparent. Mais de quelque beauté que ces masses les parent, Si le sol n’offre point ces blocs majestueux, De la nature en vain rival présomptueux, L’art en voudroit tenter une infidèle image. ”
“ Vos sites, vos plaisirs changent à chaque pas. Qu’un obscur arpenteur, armé de son compas, Au fond d’un cabinet, d’un jardin symétrique Confie au froid papier le plan géométrique ; Vous, venez sur les lieux. Là, le crayon en main, Dessinez ces aspects, ces coteaux, ce lointain ; Devinez les moyens, pressentez les obstacles : C’est des difficultés que naissent les miracles. Le sol le plus ingrat connoîtra la beauté. Est-il nu ? que des bois parent sa nudité : Couvert ? portez la hache en ses forêts profondes : Humide ? en lacs pompeux, en rivières fécondes, Changez cette onde impure ”
“ Et la terre et les eaux se cherchent tour-à-tour. Ces aspects variés amusent votre vue. L’œil aime dans un lac une vaste étendue. Cependant offrez-lui quelques points de repos. Si vous n’interrompez l’immensité des flots, Mes yeux sans intérêt glissent sur leur surface. Ainsi, pour abréger leur insipide espace, Ou qu’un frais bâtiment, des chaleurs respecté, Se présente de loin dans les flots répété, Ou bien, faites éclore une île de verdure. Les îles sont des eaux la plus riche parure. Ou relevez leurs bords, ou qu’en bouquets épars Des masses d’arbres verts arrêtent vos regards. ”
“ Combien d’arbres, de fruits, de plantes et de fleurs, Dont l’art changea le goût, les parfums, les couleurs ! La pêche a dû sa gloire à ces métamorphoses. D’un triple diadème ainsi brillent les roses ; De son panache ainsi l’œillet s’enorgueillit. Osez. Dieu fit le monde, et l’homme l’embellit. ”
“ Hâtez-vous ; vos jardins vous demandent des fleurs. Fleurs charmantes ! par vous la nature est plus belle ; Dans ses brillants tableaux l’art vous prend pour modèle ; Simples tributs du cœur, vos dons sont chaque jour Offerts par l’amitié, hasardés par l’amour. D’embellir la beauté vous obtenez la gloire ; Le laurier vous permet de parer la victoire ”
“ Le peintre voit, s’enflamme, et saisit son crayon, Dessine ces lointains, et ces mers, et ces îles, Ces ports, ces monts brûlants et devenus fertiles, Des laves de ces monts encor tout menaçants, Sur des palais détruits d’autres palais naissants, Et, dans ce long tourment de la terre et de l’onde, Un nouveau monde éclos des débris du vieux monde ! ”
“ Les jardins appeloient les champs dans leur séjour, Les jardins dans les champs vont entrer à leur tour. Du haut de ces coteaux, de ces monts d’où la vue D’un vaste paysage embrasse l’étendue, La nature au génie a dit : « Écoute-moi. Tu vois tous ces trésors ; ces trésors sont à toi. Dans leur pompe sauvage et leur brute richesse, Mes travaux imparfaits implorent ton adresse ». Elle dit. Il s’élance, il va de tous côtés Fouiller dans cette masse où dorment cent beautés. Des vallons aux coteaux, des bois à la prairie, Il retouche en passant le tableau qui varie. ”
“ Apportois le coursier, la brebis, le taureau, Le soc cultivateur, les arts de ta patrie, Et des brigands d’Europe expiois la furie. Ta voile en arrivant leur annonçoit la paix, Et ta voile en partant leur laissoit des bienfaits. Reçois donc ce tribut d’un enfant de la France. Et que fait son pays à ma reconnoissance ? Ses vertus en ont fait notre concitoyen. Imitons notre roi, digne d’être le sien. Hélas ! de quoi lui sert que deux fois son audace Ait vu des cieux brûlants, fendu des mers de glace ”
“ Mon odorat charmé m’appelle sous ces toits Où, de même exilés et ravis à leur terre, D’étrangers végétaux habitent sous le verre. Entourez d’un air doux ces frêles nourrissons. Mais vainqueur des climats, respectez les saisons ; Ne forcez point d’éclore, au sein de la froidure, Des biens qu’à d’autres temps destinoit la nature. ”
“ C’étoit des prés fleuris, séjour des doux loisirs, Où d’une longue paix ils goûtoient les plaisirs. Ouvrons donc, il est temps, ma carrière nouvelle ; Philippe m’encourage, et mon sujet m’appelle. Pour embellir les champs simples dans leurs attraits, Gardez-vous d’insulter la nature à grands frais. Ce noble emploi demande un artiste qui pense, Prodigue de génie, et non pas de dépense. Moins pompeux qu’élégant, moins décoré que beau, Un jardin, à mes yeux, est un vaste tableau. Soyez peintre. ”
“ Que les plus beaux rochers sortent par intervalles. N’interromprez-vous point ces masses trop égales ? Cachez ou découvrez, variez à la fois Les bois par les rochers, les rochers par les bois. N’avez-vous pas encor, pour former leur parure, Des arbustes rampants l’errante chevelure ? J’aime à voir ces rameaux, ces souples rejetons, Sur leurs arides flancs serpenter en festons. J’aime à voir leur front chauve et leur tête sauvage Se coiffer de verdure, et s’entourer d’ombrage. C’est peu. Parmi ces rocs un vallon précieux, Un terrain moins ingrat vient-il rire à vos yeux ? ”
“ C’est peu de charmer l’œil, il faut parler au cœur. Avez-vous donc connu ces rapports invisibles Des corps inanimés et des êtres sensibles ? Avez-vous entendu des eaux, des prés, des bois, La muette éloquence et la secrète voix ? Rendez-nous ces effets. Que du riant au sombre, Du noble au gracieux, les passages sans nombre M’intéressent toujours. Simple et grand, fort et doux, Unissez tous les tons pour plaire à tous les goûts Là, que le peintre vienne enrichir sa palette ; Que l’inspiration y trouble le poète ”
“ L’argent qui auroit entretenu les artisans du luxe, va nourrir les cultivateurs, et la richesse retourne à sa véritable source. De plus, la culture s’est enrichie d’une foule de plantes ou d’arbres étrangers ajoutés aux productions de notre sol, et cela vaut bien tout le marbre que nos jardins ont perdu. Heureux si ce poème peut répandre encore davantage ces goûts simples et purs ! Car, comme l’auteur de ce poème l’a dit ailleurs, qui fait aimer les champs, fait aimer la vertu. ”
“ L’œil, qui des plants tracés par l’uniformité Se dégoûte, et s’élance à leur extrémité, Se plaît à parcourir dans sa vaste étendue, De ces bords variés la forme inattendue ; Il s’égare, il se joue en ces replis nombreux ; Tour-à-tour il s’enfonce, il ressort avec eux ; Sur les tableaux divers que leur chaîne compose De distance en distance avec plaisir repose : Le bois s’en agrandit, et, dans ses longs retours, Varie à chaque pas son charme et ses détours. Dessinez donc sa forme, et d’abord qu’on choisisse Les arbres dont le goût prescrit le sacrifice. ”
Termes fréquents
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