Jacques Delille

Jacques Delille

Résumé

Portrait de Jacques Delille Jacques Delille,  Les Jardins

“ Beau d’orgueil et d’amour, il vole à ses amantes :
Quand je ne le vois plus, mon œil le suit encor.
Ainsi de la nature épuisant le trésor,
Le terrein, les aspects, les eaux et les ombrages
Donnent le mouvement, la vie aux paysages.
Mais si du mouvement notre œil est enchanté,
Il ne chérit pas moins un air de liberté.
Laissez donc des jardins la limite indécise,
Et que votre art l’efface, ou du moins la déguise.
Où l’œil n’espère plus, le charme disparaît.
Aux bornes d’un beau lieu nous touchons à regret :
Bientôt il nous ennuie, et même nous irrite.
”
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Portrait de Jacques Delille Jacques Delille,  Les Jardins

“ Logez plus richement ces oiseaux de parade ;
Eux-mêmes sont un luxe, et puisque leur beauté
Rachète à vos regards leur inutilité,
De ces captifs brillants que les prisons soient belles.
Surtout ne m’offrez point ces animaux rebelles,
De qui l’orgueil s’indigne, et languit dans nos fers.
Eh quel œil sans regret peut voir le roi des airs,
L’aigle, qui se jouoit au milieu de l’orage,
Oublier aujourd’hui dans une indigne cage
La fierté de son vol, et l’éclair de ses yeux ?
Rendez-lui le soleil et la voûte des cieux :
Un être dégradé ne peut jamais nous plaire.
”
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Portrait de Jacques Delille Jacques Delille,  Les Jardins

“ Et Mars a de Vénus déserté les bosquets.
Dieux des champs, dieux amis de l’innocente paix,
Ne craignez rien. Louis, au lieu de vous détruire,
Veut sur des bords lointains étendre votre empire ;
Il veut qu’un peuple ami, trop longtemps opprimé,
Recueille en paix le grain que ses mains ont semé.
Et vous, jeunes guerriers qu’admire un autre monde,
Je ne puis vers York, sur les gouffres de l’onde
Suivre votre valeur ; mais pour votre retour
Ma muse des jardins embellit le séjour.
”
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