Jacques Delille,
L’Homme des champs
“ L’aveugle amour est cher à l’aveugle fortune, Et tous deux de ton île ils dirigent le cours. Le terrain vagabond, après de longs détours, Se rapproche des lieux où, seul sur le rivage, Dolon, triste et pensif, entend gronder l’orage. Il regarde, il s’étonne, il observe long-temps Cette île voyageuse et ces arbres flottans, Quand soudain à ses yeux, quelle surprise extrême ! La terre, en approchant, montre l’île qu’il aime. Il tremble : il craint pour elle une vague, un écueil ; Il la suit sur les eaux, il la conduit de l’œil. L’île long-temps encor flotte au gré de l’orage ”

