Léon Pamphile LeMay

Résumé

Léon Pamphile LeMay Essais poétiques

Il rompit, en tremblant, le silence aussitôt :
— «N’avez-vous rencontré nulle part un canot ?
« Du lac et des bayous il a suivi la route :
« Gabriel le conduit : vous l’avez vu, sans doute ? »
À ces mots que Basile aux proscrits adressa
Sur le front de la vierge un nuage passa ;
Son œil noir se remplit d’une larme brûlante,
Puis elle s’écria d’une voix déchirante :
« Gabriel, ô mon Dieu ! Gabriel est parti ! »
Son cœur dans le chagrin parut anéanti,
Et les échos du soir, tour à tour murmurèrent :
« Gabriel est parti ! » Les exilés pleurèrent.
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Léon Pamphile LeMay Essais poétiques

La lune qui noyait les bois, l’onde et le sable,
Semblait, d’une langueur morne, indéfinissable,
Noyer aussi son âme. Alors tout se taisait
Et dans l’immense plaine, au loin, tout reposait,
Hors les mouches-à-feu, vivantes étincelles,
Qui tournoyaient dans l’air sur leurs rapides ailes,
Et trahissaient leur vol par un sillon de feu.
Au-dessus de son front, dans le fond du ciel bleu,
Scintillaient vivement les étoiles paisibles,
Pensers du Tout-Puissant à tous rendus visibles.
L’homme n’admire plus ces merveilles de Dieu
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Léon Pamphile LeMay Essais poétiques

La verdure des prés, le feuillage des bois,
Les vagues du beau lac, le tuf et les gravois
Jetèrent des rayons et des gerbes de flammes.
Le canot qui flottait sur les rapides lames
Avec ses avirons d’où les flots écumants
Retombaient, goutte à goutte, en larges diamants,
Était comme un nuage à la frange dorée
Qui flotte entre deux cieux dans une mer pourprée.
Le front d’Évangéline était calme et serein :
Pour elle enfin le ciel ne serait plus d’airain !
L’amour illuminait son âme sans mystère
Ainsi que le soleil illuminait la terre.
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