Auguste de Vaucelle

Résumé

Auguste de Vaucelle Cîmes et vallons, poésies (1865)

Rêves de bonheur calme et sans mélange, Déjà faits pour nous, et déjà brisés.
C'est que l'on sent bien qu'un autre soi-même, Doux soleil levant, vient de naître en lui ; Reflet pur encor du foyer suprême, Sur notre couchant, aurore qui luit.
En ses jeunes flancs notre sang ruisselle, En lui, notre avril reverdit joyeux ; Dans son clair regard notre âme étincelle, Et tout notre ciel sourit dans ses yeux.
Quand sur ton berceau, rêveur, je me penche, Frêle et blonde enfant, mon plus cher trésor, De mon cœur trop plein le bonheur s'épanche, Et déborde ainsi qu'un large flot d'or.
Source : Gallica

Auguste de Vaucelle Cîmes et vallons, poésies (1865)

Vous donnez un regret et l'adieu de vos pleurs.
Pour vous l'hiver n'est pas la saison langoureuse Où les nuits ont l'éclat du jour oriental, Où la valse s'enlace à l'intrigue amoureuse, Et tournoie aux clartés des soleils de cristal.
L'hiver pour vous, madame, est la saison austère, Où la vie est clouée aux ennuis du foyer, Où, l'aile embarrassée aux ronces de la terre, Votre rêve au ciel bleu ne peut se déployer.
Et, renfermée eu soi comme la fleur craintive Qu'un tiède abri défend contre l'âpre saison ; Dans un morne repos votre âme attend, captive, Le retour du soleil et de la floraison.
Source : Gallica

Auguste de Vaucelle Cîmes et vallons, poésies (1865)

Alors le cœur en proie aux fièvres du vertige, Vers l'abîme on descend, toujours plus bas, plus bas, L'enivrement du gouffre autour de nous voltige; Et nous tombons, penchés pour les derniers combats,
C'en est fait, si de Dieu la bonté secourable Jusqu'à nous ne descend et ne nous tend la main : Nous avons accompli la faute irréparable, Et ce jour-là pour nous sera sans lendemain.
Il
Au ciel des nations, parfois aussi des ombres Nous voilent le soleil et cachent l'avenir ; La route où l'on s'avance est pleine de décombres, Et le sol défoncé ne peut nous soutenir.
Source : Gallica

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