Fleury Vindry, La course du soleil (1923)
“ De sa course embourbée accélérant le train, Comme un ragot, forçant du poitrail et du rein, La lune se démène, au cru d'un ciel d'asphalte, Que coupe son essor furieux et sans halte. Et, sauvage berger de gaz asphyxiants, Lourd de nuées, avec des clameurs d'olifants, Lui crachant ses embruns de naphte à la figure, Le vent souille son front d'une orde chapelure. Mais elle va, quand même, et toujours et toujours, Frôlant ici, perforant là, close en un four, Sous un paquet d'écume, à l'ourlet d'une lame, S'engouffrant, émergeant, opale, jais ou flamme. ”
