Fleury Vindry

Résumé

Fleury Vindry La course du soleil (1923)

De sa course embourbée accélérant le train, Comme un ragot, forçant du poitrail et du rein, La lune se démène, au cru d'un ciel d'asphalte, Que coupe son essor furieux et sans halte.
Et, sauvage berger de gaz asphyxiants, Lourd de nuées, avec des clameurs d'olifants, Lui crachant ses embruns de naphte à la figure, Le vent souille son front d'une orde chapelure.
Mais elle va, quand même, et toujours et toujours, Frôlant ici, perforant là, close en un four, Sous un paquet d'écume, à l'ourlet d'une lame, S'engouffrant, émergeant, opale, jais ou flamme.
Source : Gallica

Fleury Vindry La course du soleil (1923)

Répudia le joug de l'ombre et du sommeil,
Et son verdict d'airain, au sang d'un corps pareil,
Jusqu'aux derniers replis de l'univers circule.
C'est une tyrannie au rythme inexorable Contre qui, dès l'Eden perdu, s'est insurgé L'orgueil humain, toujours ardent à se venger Du juste abaissement de son père coupable.
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Savoir, agir, aimer sans trouble et sans limite, Ignorer la douleur, la mort et le désir, C'est de telles grandeurs qu'on voyait resplendir Ton être, ange écroulé que notre coeur habite !
Source : Gallica

Fleury Vindry La course du soleil (1923)

En lui la joie était une seconde haleine, Un parfum de nature, un rire inconscient. Nul effort ne pesait à son geste charmant Où la grâce glissait comme un vol de phalène.
Sous la tente d'or vif de ses cheveux épars Plus lumineuse encore que son époux superbe. Belle de la beauté des rosées et des gerbes, Eve irradiait l'air du chant de ses regards.
Le ciel, tout fait de lis, où l'aube balbutie Les premiers mots de sa prière du matin Eût semblé sombre auprès* des pulpes de satin Dont sa carnation voilait sa jeune vie.
Source : Gallica

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