Ary Renan

Ary Renan

Résumé

Portrait de Ary Renan Ary Renan Rêves d'artiste (1901)

Un dôme nuancé des plus frêles couleurs, La volupté du vrai, des grands rêves meilleurs, Le toucher mol et doux d'une oeuvre d'art aimée,
Un son de violon pareil à la fumée D'un aromate exquis, fait de tièdes vapeurs, Comme un lac odorant où flotteraient des fleurs, Un parfum délicat, un parfum d'Idumée,
Quand il faudra mourir, voir, entendre et penser Pour la dernière fois, si j'avais sur mes lèvres Un peu de ton haleine, un caressant baiser,
Où revivraient nos pleurs, nos gloires et nos fièvres, Dans un souffle de joie et d'auguste terreur S'exhalerait mon âme en te laissant mon coeur !
Source : Gallica

Portrait de Ary Renan Ary Renan Rêves d'artiste (1901)

Jamais la terre étincelante ne vit un joyau pareil à ses deux seins d'argent.
Méduse dormait ; dans sa torpeur elle murmurait à ses soeurs, les Gorgones décrépites qui grinçaient des dents, couchées sur le goëmon amer, où lasses, elles s'endormaient aussi du lourd sommeil de leur immortalité :
« Je vois comme une lumière douce... On marche... on frôle la terre ; c'est peut-être le pas d'un mortel qui me sera cruel et cher, celui qu'espère ma virginité, celui que mes membres attendent pour les réchauffer. »
Source : Gallica

Portrait de Ary Renan Ary Renan Rêves d'artiste (1901)

Oui ; la fleur est vivante, et sa tiède senteur, Ses grains gonflés d'amour, ses chairs jamais fanées, Germeront dans mon âme en féconde langueur !
1884.
ÉTERNITÉ
Ecoute-moi t'aimer de loin ! vois-tu, l'espace, Entre ton libre rêve et mon front opprimé, N'est qu'un obstacle vain, par les Dieux supprimé ; Le temps même n'est plus, et son triomphe passe.
Je souffre en attendant, et mon âme est très lasse, Lasse à vider le sang de mon coeur consumé ; Mais le défi de ceux qui toujours ont aimé, Aura raison du temps et de la mort rapace.
Source : Gallica

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