Ary Renan,
Rêves d'artiste
(1901)
“ Un dôme nuancé des plus frêles couleurs, La volupté du vrai, des grands rêves meilleurs, Le toucher mol et doux d'une oeuvre d'art aimée, Un son de violon pareil à la fumée D'un aromate exquis, fait de tièdes vapeurs, Comme un lac odorant où flotteraient des fleurs, Un parfum délicat, un parfum d'Idumée, Quand il faudra mourir, voir, entendre et penser Pour la dernière fois, si j'avais sur mes lèvres Un peu de ton haleine, un caressant baiser, Où revivraient nos pleurs, nos gloires et nos fièvres, Dans un souffle de joie et d'auguste terreur S'exhalerait mon âme en te laissant mon coeur ! ”
