Raoul Lafagette, La Voix du soir... (1892)
“ Mon sage rêve aura la suprême folie De demander sa force à sa mélancolie, De rallumer l'espoir aux ténèbres du deuil, D'affirmer le salut devant l'étroit cercueil, De crier au tombeau : Tu n'es qu'une imposture ! Et, grand visionnaire enfui de la Nature, Échappant au destin d'un coup d'aile indompté, De prouver par la mort son immortalité ! Non, je ne mourrai pas, puisque la mort me navre: Mon voeu pour croire à l'ange atteste le cadavre; L'élu palpite au sein du douloureux martyr ; L'amour qui saigne ainsi ne peut s'anéantir ! ”
