Jacques Normand

Élements biographiques

Jacques Normand,  Les Moineaux francs (1887)

“ LE VIEUX MAÇON
Un matin de printemps. Je lis à ma fenêtre.
Paris bâille et s’étire aux doux rayons d’avril.
La nature sourit, heureuse de renaître :
Dans les airs attiédis flotte un parfum subtil.
Sur un arbre voisin, le peuple ailé volète,
Et les passants s’en vont, rêveurs et nonchalants ;
Par ce clair renouveau de la grand’ville en fête,
Les cœurs battent plus vite et les pas sont plus lents.
À gauche, près de moi, sur un échafaudage,
La truelle à la main, blanc sur le ciel d’azur,
Un ouvrier maçon, un vieux, courbé par l’âge,
Travaille, en plein soleil, à recrépir le mur.
”
Source : Wikisource

Jacques Normand,  Le Laurier Sanglant

“ Il est minuit : le temps est calme et le ciel clair.
Je suis en faction sur le chemin de fer,
Seul, la main au fusil, l’œil perdu dans l’espace.
J’entends auprès de moi, comme un soupir qui passe,
Un grand vent secouant les arbustes chétifs.
La lune, se montrant par instants fugitifs
À travers les flots blancs que forment les nuages,
Sur les champs dévastés verse de clairs mirages ;
À droite, noir géant silencieux, le fort
Veille, et Paris, couché sous l’horizon, s’endort.
Oh ! qu’il est doux alors de laisser la pensée
S’envoler au hasard de son aile lassée !
”
Source : Wikisource

Jacques Normand,  Revue des Deux Mondes

“ La Terre en effet ne fut pas toujours un astre éteint et obscur ; jadis toute bouillonnante et fluide, et vierge encore de l’humaine souillure, elle rayonnait autour d’elle la chaleur et la lumière dans l’ardente splendeur de sa vie inorganique. Maintenant, une écorce froide et rigide enferme comme en un dur cercueil les dernières palpitations du feu intérieur dont elle fut radieuse. L’humanité n’est apparue sur elle que lorsque déjà sa surface avait pris la frigidité et la rigidité cadavériques.
Le froid au contraire, si intense qu’il soit, ne détruit pas la vie.
”
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature