Jacques Normand

Résumé

Jacques Normand À tire-d’aile

Embrassant d’un regard et la France et l’Espagne,
Voici mourir Roland, neveu de Charlemagne !
Cependant que sur l’herbe verte il s’est pâmé,
Un Sarrasin félon, voyant son œil fermé,
S’approche doucement, puis tout à coup : « Victoire ! »
Dit-il : « Roland n’est plus, et maintenant sa gloire
« Ne vaut pas un bouton ! Et voici Durandal
« Que je vais emporter dans mon pays natal,
« En Arabie !... » Il dit, et vers ce corps immense,
Ce corps du plus vaillant chevalier de la France,
Il tend la main, craintif, le cœur épouvanté
Devant tant de grandeur et d’immobilité.
Source : Wikisource

Jacques Normand À tire-d’aile

Il embrase mon cœur, assiége ma pensée,
Empoisonne ma vie... et je m’en sens mourir.
CHRYSAS.
Quelle tristesse, enfant ! quelle étrange parole !
Dévoile à ton ami cette amère douleur :
Même quand il n’est rien ici qui le console,
Un chagrin confié pèse moins sur le cœur.
GALLUS.
Moins grand est le tourment de l’agneau sans sa mère,
Moins grande la douleur du bouvreuil enfermé,
Que le supplice affreux et l’affreuse misère
De celui qui se dit : J’aime sans être aimé !
CHRYSAS.
Aimer sans être aimé ? Faut-il te dire encore ?...
Source : Wikisource

Jacques Normand À tire-d’aile

Le messager de mort, noir recruteur des ombres,
A jeté son funèbre appel.
Le poëte écrivait : un vers venait d’éclore
Dans son cerveau puissant, vers à peine achevé,
Qui sur le papier blanc brillait humide encore :
Brisant sa plume, il s’est levé.
Et lui, paisible amant des bois et des fontaines,
Lui, noble citoyen au cœur loyal et haut,
Poussé par le torrent inconscient des haines
Où marche-t-il ? À l’échafaud !
Voyez : de la prison la porte s’ouvre à peine
Qu’au milieu de soldats, une charrette en sort,
Gémissant sous le poids de la pâture humaine
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature