Jules Tremblay

Résumé

Jules Tremblay Arômes du terroir

Et veut qu’elle lui verse, en écoulant ses perles
Dans le bois abritant les pinsons et les merles,
Sa fraîcheur pour les nids, ses ondes pour le pré ;
Il est plus près du Ciel, ayant la foi naïve,
Et ses vœux vont plus haut, lorsque la nuit pensive
Éteint l’horizon empourpré.
Tout l’avenir tient dans la glèbe avec la vie.
La puissance du Ciel par le crime ravie,
Condamne l’homme impur à courber son front lourd
Sur le sol indocile et fait pour l’esclavage :
« Terre, tu gagneras ton pain et ton breuvage :
Le calme de tes nuits viendra du faix des jours ! »
Ô sereine pensée !
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Jules Tremblay Arômes du terroir

L’inspiration ne se commande pas. Parfois ma lyre s’éloigne du Terroir, mais je ne la querelle pas et ne la force pas à revenir au clocher, dans le guéret ou bien à la charrue, car alors la tâche imposée la rendrait revêche et assombrirait sa beauté de déesse. Libre dans les nuages ou dans les bois, dans les germes du sol ou dans les moissons, elle va où elle veut. Je tâche de la suivre. S’il faut de l’émotion absolument vraie, jusqu’aux larmes, pour l’atteindre, je puis dire sans rougir que j’ai failli la toucher en écrivant la double ballade dédiée au maréchal Joffre.
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Jules Tremblay Arômes du terroir

Qui remet Jésus au linceul.
Il est temps que la Mort halte sa chevauchée,
Pour glaner les froments de la plaine fauchée.
Le travailleur a droit de s’attacher au sol,
Où sont nés ses aïeux, où grandit sa famille,
Et quiconque osera toucher une ramille,
Aux arbres de son champ, ou promener le vol
Des décrets inhumains dans la paix des chaumières,
Aura le sort affreux d’être maudit des mères,
Dont les vœux vont tout droit au cœur sanglant du Christ,
Mort pour elles, et mort pour ceux que la souffrance
A jetés à genoux dans un cri d’espérance
Vers le Fils de l’Homme proscrit.
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