Jules Tremblay

Élements biographiques

Jules Tremblay,  Arômes du terroir

“ Qui remet Jésus au linceul.
Il est temps que la Mort halte sa chevauchée,
Pour glaner les froments de la plaine fauchée.
Le travailleur a droit de s’attacher au sol,
Où sont nés ses aïeux, où grandit sa famille,
Et quiconque osera toucher une ramille,
Aux arbres de son champ, ou promener le vol
Des décrets inhumains dans la paix des chaumières,
Aura le sort affreux d’être maudit des mères,
Dont les vœux vont tout droit au cœur sanglant du Christ,
Mort pour elles, et mort pour ceux que la souffrance
A jetés à genoux dans un cri d’espérance
Vers le Fils de l’Homme proscrit.
”
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Jules Tremblay,  Trouées dans les novales

“ Toine avait vingt ans. Les jeunesses de la paroisse trouvaient en lui leur désespoir ; mais comme toute gloire a ses revers et tout hasard ses mystères, la Toune, qu’il adorait, brûlait pour un autre, pour Pit, le fils du cordonnier, grave et timide garçon dont l’attachement s’épuisait en vaines espérances à la poursuite de Tildé.
Et les quatre amoureux, ardents à l’envi, aimant sans retour, défilaient l’un à la traîne de l’autre le chapelet sans fin des appétences et des déceptions humaines, où le désir était une souffrance et l’espoir un martyre.
”
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Jules Tremblay,  Les ailes qui montent

“ Qui sonne lourd parmi les pleurs qu’on étrangla.
Mais Ta puissance est grande, et la Foi se console,
Près d’une sépulture, où la prière isole
Ceux que le sacrifice a brusquement meurtris,
Celles qui vont pleurer sur des restes flétris.
Elles portent dans l’âme une douleur trop vive,
Pour chercher hors de l’ombre une pitié passive,
Et c’est vers Toi que vont les pleurs silencieux,
Car c’est dans la douleur qu’on se souvient des cieux.
Les épreuves sans nombre ont tué la pensée,
En jetant sur la vie une rage insensée,
Et qui la fait haïr jusque dans ses attraits
”
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