Résumé

Jules Tremblay La vente de la poule noire

Pitro avait appris par cœur les incantations obligées, mais sa mémoire, sans doute, lui faisait défaut, et comme pour lui les paroles mystérieuses n’avaient aucun sens humain, il les dénaturait d’une façon qui pouvait déconcerter le Diable lui-même, et tous les sous-diables dont le métier est d’acheter au croisement des sentiers paludéens, à minuit, par les vendredis soirs de la lune nouvelle, des poules noires volées dans l’obscurité chez une veuve dont le mari est mort depuis sept ans.
Source : Wikisource

Jules Tremblay La vente de la poule noire

Pitro continua sa marche, sans voir que les ombres se glissaient en tapinois derrière lui. Arrivé au centre de la Savane, il se trouva près d’une mare où les vieilles femmes et les enfants avaient accoutumé de voir des fées danser, par les soirs de brume. Quatre sentiers étroits se croisaient sur un ilôt de mock durci et couvert de mousse. La mare était cernée par un soulèvement d’argile affleurant à travers la terre noire, et l’on pouvait contourner à pied sec l’étendue conquise par les grenouilles.
Source : Wikisource

Jules Tremblay La vente de la poule noire

Pourtant, Pitro ne manquait pas de talents. Il était maître ouvrier dans l’art de fabriquer les pièges à prendre les oiseaux et les petits animaux à fourrure ; il savait mieux que tous métamorphoser en flageolets et sifflets les roseaux bordant la rivière et les tiges nouvelles coupées dans les bois.
Par les grandes chaleurs de l’été, il se vautrait dans l’herbe à dinde, à l’ombre du haut mur dégringolant la pente du chemin de rang, et permettait aux heures de couler sans rompre la monotonie somnolente de sa béatitude.
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature