Jules Tremblay

Résumé

Jules Tremblay Le français en Ontario

Montesquieu dit, dans « L’esprit des Lois », que la conquête laisse toujours à payer une dette immense pour s’acquitter envers la nature humaine. Le conquérant ne doit changer l’état des choses qu’autant qu’il est nécessaire de le faire pour assurer sa souveraineté.
Il serait facile de recueillir, dans l’histoire de tous les peuples, des faits qui prouvent péremptoirement que la conservation de la langue maternelle, même à l’école, ne nuit en rien à la fidélité des sujets conquis ou cédés, mais qu’au contraire elle la fortifie dans le cœur par la reconnaissance.
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Jules Tremblay Le français en Ontario

En vertu de la loi scolaire, les commissaires d’écoles ont le droit d’exiger l’enseignement du français partout où notre population est en proportion respectable.
On prétendra peut-être que ces lois sont récentes et que jamais les traditions ontariennes n’ont voulu que l’école abandonne son status anglais et protestant. Or la vérité historique nous oblige à dire qu’en Haut Canada comme dans Québec, l’école française était établie longtemps avant la venue des Loyalistes, bien que son existence ne fût pas officielle. L’Ontario a d’ailleurs commencé très tard à s’occuper sérieusement des écoles.
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Jules Tremblay Le français en Ontario

L’officialité du français entraîne l’existence d’une population qui connaît la langue française écrite, cette connaissance réclame une culture ; et comme au Canada l’État se fait instituteur dans les provinces, il a le devoir d’enseigner une langue que ses habitants ont le droit officiel de connaître, de parler et d’écrire dans les affaires publiques du Canada : un système d’éducation qui exclut le français est donc anticonstitutionnel, ou alors l’officialité de notre langue dans les affaires fédérales n’a pas sa raison d’être.
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