Jacques Normand, Les Jours vécus (souvenirs d'un Parisien de Paris… (1910)
“ Passe encore quand la nuit est claire et que la lune permet de voir assez au loin pour distinguer les objets ; mais quand l' obscurité est épaisse , quand elle dévore tout à quelques mètres à peine ! La main sur la gâchette du fusil , l' oreille aux aguets , l' œil douloureux à force de chercher à percer ce voile opaque , le corps frissonnant d' une nervosité froide , l' imagination peuplée de fantômes , l' esprit tourmenté par la responsabilité encourue , – on se sent dans un « état d' âme » dont nos plus subtils psychologues auraient peine à rendre l' affolante cruauté . ”
