Jacques Normand

Résumé

Jacques Normand,  Le Vieux Logis

“ Le vent traîne sa morne plainte.
Chez nous, le bon soleil aux baisers plus constans
Nous redit chaque jour, ami, que le printemps
Esquisse son premier sourire ;
Et que ce rude hiver qui vous étreint là-bas,
Le terrible dieu Mars, triomphant fier-à-bras,
Ne tardera pas de l’occire.
Viens ! tu trouveras tout comme tu l’as laissé
Lorsque tu nous quittas, en janvier, l’an passé :
La bastide calme et bien close ;
Le jardin planté d’ifs, où les petits oiseaux
Se rassemblent, le soir, parmi les verts roseaux
Caressés par le couchant rose
”
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Jacques Normand,  Le Vieux Logis

“ Mais sourde à mon émoi l’heure marche à grands pas
Exacte et vive,
Et le jour différé tant de fois vient, hélas !
Car tout arrive !
Partons donc ! puisqu’il faut vaguer par les chemins
En ce bas monde
Et que seule la mort donne aux pauvres humains
La paix profonde...
Sitôt que le printemps endosse, preste et clair,
Sa robe verte,
Quittons cette maison qui pour les mois d’hiver
Nous fut ouverte !
Voulant qu’on l’abandonne avec plus de regrets,
— Oh ! la coquette !
”
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Jacques Normand,  Le Vieux Logis

“ De la maison ouvrant sa plus humble fenêtre
Pour savourer le chaud rayon qui la pénètre ;
Comme en un grand rucher repeuplé brusquement,
Monte de haut en bas un gai bourdonnement...
Je sors... Un air salubre a cinglé mon visage...
Je revois le jardin paisible... À mon passage,
Notre vieux jardinier qui, depuis si longtemps,
Sait, dès que vient l’hiver, préparer le printemps,
Interrompt son travail, met de côté sa bêche,
Et, d’un pas inégal et lourd qui se dépêche,
Vient à moi, l’air joyeux et me tendant la main...
”
Source : Wikisource

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