André Corthis,
Pour moi seule
(1919)
“ Je riais sur Fabien et sur son visage satisfait. Je riais plus encore sur moi-même et sur mes grandes émotions. Et ce rire, qui secouait convulsivement mes épaules, faisait monter à mes yeux des larmes brûlantes tandis que le spasme du sanglot serrait dans ma gorge son nœud dur et douloureux.— A la bonne heure, s’exclama Fabien tout épanoui. Vois-tu... J’ai été comme toi d’abord... Le contentement semblait m’abrutir. Je n’ai bien compris qu’au bout d’un instant. Mais alors, dame, j’ai été pris d’une espèce de folie. Comme toi, vois-tu... tout à fait comme toi. ”

