“ Il était à la fois Aaron et Melchisédech. C’est une sombre et superbe halle romane que la salle capitulaire qui avoisine le chœur et qui répète avec la splendide menuiserie-Pompadour l’antithèse des deux gros clochers. ”
Salle capitulaire
Définition et enjeux
Citations sur “salle capitulaire”
Gustave Clausse,
Espagne, Portugal. Notes historiques et artistiques sur les villes principales de la péninsule ibérique…
(1889)
“ La salle capitulaire placée derrière le choeur est d'une magnificence plus que royale. On y entre par une antichambre ornée de boiseries sculptées dans le style de la Renaissance ; le plafond est à poutrelles caissonnées noir et or. Une porte entourée d'un encadrement du meilleur goût et de là plus extrême finesse conduit à la salle du conseil; l'ouverture en est masquée par un beau rideau rouge de vieux damas des Indes dont la note puissante s'ajoute à ce joli effet ; trois grands TOLÈDE 45 écussons entourés de : guirlandes de fruits surmontent le chambranle et complètent cet ensemble. ”
Frédéric Donnadieu, L'Hérault illustré : revue historique (1878)
“ Les sculptures des XIIIe et XIVe siècles sont très-belles. On y remarque quelques chapiteaux à feuilles naturelles et plusieurs modillons, à figures originales et fantastiques. La salle capitulaire est un véritable chef-d'oeuvre d'architecture primitive ; elle s'ouvrait autrefois sur une galerie du cloître, dont elle est séparée par un mur. Cette salle a 12 mètres de largeur sur 8 mètres de profondeur; un banc de pierre occupe son pourtour. Sa voûte, surbaissée, s'appuie sur des colonnes engagées dans les coins ; elle est éclairée du côté du jardin par trois fenêtres cintrées sans ornement. ”
René Ménard, Histoire des beaux-arts, illustrée de 414 gravures représentant les chefs-d'oeuvre de l'art à… (1875)
“ La salle capitulaire bordait toujours le cloître du côté de l'est; la porte qui y donnait accès était ornée de colonnes et de moulures. Cette salle était voûtée et la retombée de ses voûtes reposait sur un ou deux rangs de colonnes. Près de la-salle capitulaire était le dortoir, qui occupait une grande partie de l'aile des bâtiments claustraux. Le dortoir était une trèsvaste salle percée de fenêtres à plein cintre. Il occupait quelquefois le premier étage. ”
Maurice Vaucaire,
Effets de théâtre : la scène et la salle…
(1886)
“ Un simple bec de gaz qui descend vers la scène. Pas de décors: la triste et grise nudité Des vieux murs, des portants, droits, de chaque côté. Un acteur gesticule, et crie, et se démène. La salle du théâtre est dans l'obcurité; Il fait grand jour dehors, et le soleil sans gêne, Par les vitres d'en haut se laissant voir à peine, A l'air d'un curieux qu'on n'a pas invité. ”
Jules Michelet,
Œuvres complètes de J. Michelet
“ On montait, on descendait, et pour remonter. La salle, organisée fort bien pour un petit théâtre de cour, faite pour la nuit seulement, pour ne s’éclairer jamais que de lumière artificielle, n’avait qu’un jour pauvre et tiré d’en haut. ”
René Doumic,
Revue des Deux Mondes
“ C’est la lacune dont les conséquences se feront sentir dans notre art dramatique. Les huissiers de la nouvelle salle continueront de se parer de chaînes et les ouvreuses de s’orner de gravité, mais une salle aux planches toutes neuves, à la décoration toute fraîche, sera sans âme. ”
Hugues Le Roux,
Ménélik et nous
(1901)
“ Après cette purification, la tenture se soulève sur une salle carrée, créée artificiellement dans le hall immense, par des suspensions de voiles. L'impression est nettement d'une scène de théâtre, quelques secondes avant le lever du rideau, alors que la rampe est baissée encore, mais que, déjà, figuration et acteurs sont en place. ”
Adèle Hommaire de Hell,
A travers le monde : la vie orientale…
(1870)
“ Le public circule à l'aise dans une large galerie dominant la salle, où sont des fauteuils et des rangs de banquettes en amphithéâtre. Cela ne vaut-il pas mieux que les cages où l'on est empilé les uns contre les autres comme dans notre palais législatif ? ”
Henry Fielding, Tom Jones ou Histoire d’un enfant trouvé…
“ Il se plaçoit à la galerie supérieure, où vont d’ordinaire les gens du peuple. Là, prêtant au spectacle une oreille attentive, il jugeoit ce qui se passoit sur la scène avec un tact sûr, avec une sorte d’infaillibilité. Presque toujours ses arrêts étoient reçus du public comme des oracles. Toutes les fois qu’il étoit content de la pièce, ou des acteurs, il témoignoit sa satisfaction, en frappant sur les bancs et sur les bords de la galerie des coups violents, dont le bruit retentissoit dans toute la salle. ”
Édouard Gros, Espagne et Portugal (1911)
“ Ce que je ne puis rendre ici, c'est la physionomie de la salle : houleuse, bruyante, irrévérencieuse, composée de la même foule qui, le dimanche, va à la messe, le soir aux courses aux taureaux. L'acteur qui remplit mal son rôle, comme le picador, est apostrophé à haute voix, ici comme dans les arènes. Ces sortes de colloques, entre la salle et les acteurs qui sont sur les planches, sont d'un haut comique. ”
J.-H. Rosny aîné,
La Vague rouge
“ On accédait à la réunion par un jeu de boules, où poussaient trois peupliers couverts de plâtre comme des maçons. La salle reflétait les événements discords de son existence. Le plafond, fruste et brutal, s’éclairait d’un lustre aux girandoles flétries ; les murs montraient des couches de bleu, de rose et de vermillon, et portaient une dame écaillée, au chapeau de mousquetaire : elle symbolisait l’art, l’élégance et le XIIIe arrondissement. Le plancher avait un air pauvre et honnête. ”
George James Welbore Agar Ellis, Aventures d'un gentilhomme parisien… (1837)
“ De larges escaliers, qui ne dépareraient pas les plus beaux palais de l'Europe, aboutissent a une salle dont les dimensions sont colossales. Cette salle, où tous les ornemens sont prodigués, a cinq rangs de loges, y compris les baignoires : il n'y a point de loge royale. Le parterre, qui s'élève plus en amphithéâtre que tous ceux de nos salles de spectacle, est garni de bancs avec des dossiers, et deux ou trois banquettes du parterre et de l'orchestre sont divisées en stalles. ”
Eusèbe Girault de Saint-Fargeau, Les beautés de la France : vues des principales villes… (1853)
“ Douze colonnes cannelées, d'ordre composite et du plus grand module, élèvent, dans cette salle, leurs chapiteaux dorés jusqu'au plafond, en séparant en autant de balcons chaque rang de loges. Le théâtre, par son immense étendue, répond parfaitement au grandiose de l'édifice, et ne le cède en grandeur à aucun autre théâtre connu. Au-dessus du vestibule est une belle salle de concert, de forme ovale, distribuée en trois rangs de loges et ornée de belles colonnes cannelées, d'ordre ionique. ”
Théophile Gautier,
Théâtre
(1882)
“ Oui cette belle salle étonnée et ravie, Après un long sommeil s'éveillant à la vie, Je l'espère, verra le public chaque soir, Comme un ami fidèle arriver et s'asseoir. Le lustre, ce soleil qu'on descend et qu'on monte, Aux luttes de deux gaz saura trouver son compte, Et choisira celui dont le jet radieux Noircit moins le plafond tout en éclairant mieux. ”
Tristan Bernard,
Auteurs, acteurs, spectateurs
(1909)
“ Un directeur faisait bâtir un théâtre nouveau... Chacun censurait son ouvrage. On lui reprochait d’avoir fait une salle trop petite. Il répondit, comme le sage : « Plût au ciel que, de bons spectateurs payants, telle qu’elle est, chaque soir, elle fût pleine ! »Ce directeur, cependant, avait peut-être tort de réduire ainsi son maximum. Il restreignait d’avance les gros avantages du succès. Le problème, pour un architecte habile, serait de combiner une salle, petite d’apparence, et qui contînt beaucoup de monde, une salle où les vides se verraient le moins possible. ”
Edmond de Goncourt,
Journal des Goncourt
“ Cette salle, cette chambre, est le musée le plus complet de glaives, de chevalets, de fauteuils capitonnés de pointes, de brodequins à vis, de poires d’angoisse, de toutes les imaginations d’une mécanique meurtrière, pour faire, savamment et diversement, souffrir la chair humaine. ”
Paul Alexis,
La Fin de Lucie Pellegrin
“ Les hommes de peine transformaient à la hâte la salle d’études, naguère salle à manger, en salle de théâtre : un plancher exhaussé pour la scène, un rideau courant sur une tringle pour la toile, les bancs et les chaises de la chapelle pour faire asseoir le public qui commençait à arriver. Tous, parents, ecclésiastiques, simples invités munis d’une carte, et Monseigneur lui-même, avaient déjà pris place, que les coups de marteau des ouvriers retentissaient encore. ”
Alcide Gauguié, La Charente communale illustrée… (1868)
“ C'est une vieille salle qui doit s'écrouler un jour ou l'autre, et sa disparition ne laissera pas de regrets. — Telle qu'elle est, cette salle est affreusement distribuée; il n'y a pas une place convenable, et le plaisir que l'on va chercher au spectacle se change bien vite en supplice , tant l'on est mal assis , mal éclairé. ”
Honoré de Balzac,
La Comédie humaine - Volume 05…
“ Peu de personnes connaissent l'importance d'une salle dans les petites villes de l'Anjou, de la Touraine et du Berry. La salle est à la fois l'antichambre, le salon, le cabinet, le boudoir, la salle à manger; elle est le théâtre de la vie domestique, le foyer commun; là, le coiffeur du quartier venait couper deux fois l'an les cheveux de monsieur Grandet; là entraient les fermiers, le curé, le sous-préfet, le garçon meunier. ”
Raymond Recouly,
La bataille de Foch
(1920)
“ Cette entrée donne je ne sais quoi de romantique à un ensemble extrêmement classique, remarquable par la sobriété, par la netteté un peu sèche des dessins et des lignes. Une grande salle, vaste comme un hall, occupe toute la partie centrale du rez-de-chaussée. ”
Jules Verne,
Le Pilote du Danube
“ Le désordre des meubles et la couche épaisse de poussière qui les recouvrait incitaient à croire que cette salle avait été le théâtre, depuis longtemps abandonné, de quelque scène de violence. Le centre en était occupé par une grande table, sur laquelle était accoudé un homme, qui semblait réfléchir profondément. ”
Maurice Vaucaire,
Effets de théâtre : la scène et la salle…
(1886)
“ On a vu L'acteur ânonner son rôle, gamme par gamme, Alors plus d'au-delà, plus un sou d'imprévu. LA SCÈNE ET LA SALLE 3 CLAIR-OBSCUR A M. Degas. Les ornements dorés des balcons sont ternis, Et le beau lustre est presque éteint. La salle immense, Toute pleine de gens attentifs et brunis Par cette ombre ; un ténor susurre une romance. Et très confusément à tous les rangs garnis, Dans les loges, de grands éventails en cadence Papillonnent au bout de bras fort assoupis. — Altos et violons pizzicatent — on danse. ”
Association française pour l'avancement des sciences… (1893)
“ Plus d'étages de galeries superposées comme les fenêtres d'une façade : du haut en bas la disposition amphithéâtrale qui permet de voir tout le monde et d'être vu de tous. Lorsque la salle est remplie de spectateurs, elle devient splendide. ”
Eugène Sue,
Martin l’enfant trouvé ou les mémoires d’un valet de chambre
“ Après avoir traversé une sorte d’allée assez longue, de chaque côté de laquelle s’ouvraient des cabinets destinés aux buveurs, nous entrâmes dans une salle immense, éclairée par des lustres garnis de quinquets rares, fumeux, qui ne jetaient qu’une lumière diffuse, et laissaient presque dans l’obscurité une galerie ou tribune exhaussée de six ou sept pieds, qui occupait les deux côtés de ce long parallélogramme. Dans cet espace étaient disposés une grande quantité de tables et de tabourets destinés aux buveurs, qui de cet endroit élevé, pouvaient jouir du coup d’œil du bal costumé. ”
Édouard Fournier,
Chroniques et légendes des rues de Paris
(1893)
“ Vous voyez, dit-il (i) dans une vaste salle, ornée de lustres et de glaces, une vingtaine de graves personnages qui jouent aux dames ou aux échecs sur des tables de marbre, et qui sont entourés de personnages attentifs à les voir jouer. Les uns et les autres gardent un si profond silence, qu'on n'entend dans la salle aucun bruit que celui que font les joueurs en remuant leurs pièces. Il me semble qu'on pourroit justement appeler un pareil café, le café d'Harpocrate. C'est un endroit où l'on peut dire qu'on est comme dans une solitude, quoique l'on soit avec soixante personnes. ”
Jules Cousin, De l'orgaanistion [sic] et de l'administration des bibliothèques publiques et privées… (1882)
“ Une salle unique, aux vastes proportions, ornée de larges et magnifiques galeries, et recevant sans parcimonie un jour splendide, a certes de quoi tenter les amis du grandiose, tous ceux dont l'âme aspire à s'élever et à secouer le joug du terre-à-terre. ”
Madame d' Aulnoy,
La cour et la ville de Madrid vers la fin du XVIIe siècle
“ La salle pour les comédies est d'un beau dessin, fort grande, tout ornée de sculpture et de dorure. L'on peut être quinze dans chaque loge sans s'incommoder. Elles ont toutes des jalousies, et celle où se met le Roi est fort dorée. ”
Anonyme, Revue des Deux Mondes
“ La salle est désertée pour les couloirs, le seul refuge où l’on se délasse à apprendre des nouvelles, à en faire, parfois à dire la vérité, et à juger à l’abri du public la pièce, les acteurs et soi-même. ”
“ Très symétrique. Je cherche en vain à quoi peut servir ce grand vide au milieu de la façade, contre ma cabine. Sont-ce des cabines laissées vacantes à chaque étage ? Et alors pourquoi ? — Est-ce un renfoncement dans la construction ? Et alors à quoi sert-il ? — Est-ce une haute salle dont le plancher serait celui du rez-de-chaussée et le plafond celui du dernier étage ? — Une salle (ou des salles) de conférences ?... § Les Sarvants cultivent. Le carré d’humus qu’ils ont ajouté l’autre jour est un champ de carottes (à notre usage, comme de raison) . ”
André Lequeux, Le théâtre japonais
“ La grande salle que nous désignons sous le nom de parterre est divisée en carrés égaux comme un damier, ou mieux comme un plafond à caissons renversé: cela fait autant de loges de quatre, mais on s'y entasse volontiers six ou sept. Les spectateurs enjambent les uns sur les autres pour gagner leurs places; mais une fois chaque famille installée dans sa boîte,c'est le nom qui convient à la chose,on n'en sort plus sans absolue nécessité, ce qui n'empêche, la représentation durant dix heures au moins, qu'il se fasse momentanément de nombreux vides à chaque entr'acte. ”
Henri Calland, Guide de l'étranger à Amiens : description de ses monuments anciens et modernes… (1858)
“ L.e parterre est spacieux; on y est assis commodément, mais il est trop bas eu égard à l'élévation de la scène; un parquet peu étendu et encore plus enfoncé, le précède, La salle, éclairée par un lustre peut-être insuffisant, présente, il faut l'avouer, des avantages qu'on ne rencontre pas dans d'autres théâtres : les différentes parties n'étant séparées ni par des colonnes, ni par des cloisons, il en résulte que la voix des acteurs, ne rencontrant aucun obstacle, se développe librement et sans beaucoup d'efforts ; de plus, le spectateur voit également bien , à quelque place qu'il soit assis. ”
Edmond Rostand,
Cyrano de Bergerac
“ On descend de l’estrade dans la salle par de larges marches. De chaque côté de ces marches, la place des violons. Rampe de chandelles. Deux rangs superposés de galeries latérales : le rang supérieur est divisé en loges. Pas de sièges au parterre, qui est la scène même du théâtre ; au fond de ce parterre, c’est-à-dire à droite, premier plan, quelques bancs formant gradins et, sous un escalier qui monte vers des places supérieures, et dont on ne voit que le départ, une sorte de buffet orné de petits lustres, de vases fleuris, de verres de cristal, d’assiettes de gâteaux, de flacons, etc. ”
Jules Bonnassies, Comédie française. Notice historique sur les anciens bâtiments… (1868)
“ A l'étage de mansardes actuel, qui correspond à l'ancien toit, les traces des combles sont visibles en maint endroit; il en reste un couloir qui fait le tour des bâtiments. La majeure partie de la salle est occupée maintenant par une cour. La scène a conservé les travées établies par les comédiens pour leurs décors et construites évidemment avec les charpentes des combles ; elle sert depuis longtemps de magasin à un marchand de papiers. A droite et à gauche subsistent, avec leur cage et leurs portes à chaque étage, les deux escaliers qui desservaient les balcons. ”
André Suarès,
Voyage du Condottière
“ Une autre salle grouille de géants injurieux, colosses hauts de cinq mètres, qui outragent le bon sens sur les murailles où ils étalent leurs chairs rouges, où ils tordent les câbles de leurs muscles. Une salle encore est toute faite de miroirs, et l’on ne peut y rester sans horreur et sans honte, pour peu qu’on ait le sens du mystère fatal qui dort sous l’eau réfléchissante des glaces. ”
Amédée Gayet de Cesena, Le nouveau Paris : guide de l'étranger pratique… (1864)
“ Il est entièrement isolé; sa façade se compose de colonnes d'ordre dorique, des arcades couvertes régnent tout autour du théâtre. On remarque le caractère grandiose du vestibule qui sert de foyer, des escaliers et de la salle, vaste et somptueux vaisseau qui contient 1,700 personnes. ■ Construite en 1779, par Wailly, cette salle, plusieurs fois incendiée et plusieurs fois réédifiée, a été, par moment, l'asile privilégié de la littérature dramatique moderne. On y a vu successivement des œuvres de Casimir Delavigne, d'Alexandre Dumas et d'Alfred de Vigny ”
