“ SCÈNE IV Loys, ou plutôt le duc Albert, s’approche de la chaumière de Giselle, et frappe doucement à la porte. Hilarion est toujours caché. Giselle sort aussitôt et court dans les bras de son amant. Transports, bonheur des deux jeunes gens. Giselle raconte son rêve à Loys ; elle était jalouse d’une belle dame que Loys aimait, qu’il lui préférait. Loys, troublé, la rassure ; il n’aime, il n’aimera jamais qu’elle. « C’est que si tu me trompais, lui dit la jeune fille, je le sens, j’en mourrais. » Elle porte la main à son cœur comme pour lui dire qu’elle en souffre souvent. ”
Théophile Gautier
Résumé
Théophile Gautier, dans Théâtre, aborde la danse, l’amour et les tensions entre le réel et l’imaginaire à travers des pièces comme Giselle, où les Wilis, fiancées mortes, hantent les forêts.
Les personnages tels que Giselle, Célinde ou Sacountalâ incarneraient des dilemmes émotionnels et des splendeurs chorégraphiques, tandis que les citations mettent en évidence une attention méticuleuse aux gestes et aux subtilités du ballet. L’œuvre, associant poésie et théâtralité, célèbre la grâce des danseurs et la fragilité des amours, dans un échange permanent entre le corps et l’âme.
Citations de Théâtre (Théophile Gautier)
“ C’est la même âme, le même sourire qui étincelle dans ses yeux d’azur et sur ses lèvres de roses ; pour compléter l’illusion, il va lui placer sur la tête l’étoile qu’il détache du bouquet. — Je ne suis pas une Péri, répond humblement Léïla, je ne suis qu’une pauvre esclave, une simple mortelle qui vous aime dans toute la simplicité de son cœur ! SCÈNE VI Nourmahal, l’ancienne favorite d’Achmet, n’a pu dévorer l’affront qui lui a été fait, ni oublier un maître ingrat. Il n’y a rien de tenace comme l’amour méprisé. ”
Théophile Gautier,
Théâtre
(1882)
“ Que dire de madame Ferraris? elle a dansé ses cinq pas avec une légèreté, un moelleux, une souplesse inimaginables. Plume de colombe pour s'enlever, pointe de flèche pour retomber, elle a gardé à Sacountalâ sa grâce voluptueuse et chaste, sa douce résignation de victime, son caractère moitié fleur, moitié femme. Calidasa, si son âme errait dans la salle, a dû l'applaudir de ses deux mains d'ombre. Jamais beauté plus fière que la reine Hamsati ne revêtit costume plus splendidement et plus courageusement exact. Aucun détail du luxe bizarre de l'Inde ne l'a effrayée ”
