Résumé

Portrait de Jules Verne Jules Verne Le Pilote du Danube

Aveugle pour tout ce qui l’entourait, il ne vit pas son compagnon disparaître dans la cabine dès que le grappin eut été ramené à bord. Le monde extérieur avait perdu pour lui toute réalité. Son rêve seul existait. Et, ce rêve, c’était, tout illuminée de soleil, en dépit de la nuit, sa maison et, dans sa maison, Natcha !... En dehors de Natcha, il n’était plus rien sous le ciel.
Dès que l’étrave de la barge eut touché la rive, il sauta à terre, fixa solidement son amarre et s’éloigna d’un pas rapide.
Aussitôt, Karl Dragoch sortit de la cabine. Il n’y avait pas perdu son temps.
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Rien de meilleur pour la santé qu’un bain au mois d’août !
— Merci, monsieur Brusch, balbutia Karl Dragoch.
— Il n’y a vraiment pas de quoi, répliqua gaiement le pêcheur. C’est à moi de vous remercier, monsieur Jaeger, puisque vous m’avez donné l’occasion d’un excellent bain.
Les forces de Karl Dragoch revenaient à vue d’œil. Un bon coup d’eau-de-vie, et il n’y paraîtrait plus. Malheureusement, Ilia Brusch, plus ému qu’il ne voulait le paraître, bouleversa en vain tous ses coffres. La provision d’alcool était épuisée, et il n’en restait pas une goutte à bord de la barge.
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Striga, sans répondre, s’approcha à son tour de la fenêtre. Après avoir examiné les traces de sang, il se pencha au dehors et s’efforça vainement de percer les ténèbres.
— Depuis combien de temps est-il parti ?... se demandait-il à demi-voix.
— Pas plus de deux heures, dit Titcha.
— S’il court depuis deux heures, il doit être loin ! s’écria Striga, qui maîtrisait avec peine sa colère.
Après un instant de réflexion, il ajouta :
— Rien à faire pour le moment. La nuit est trop noire. Puisque l’oiseau est envolé, bon voyage.
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