“ À nos yeux, en dépit de tout, les Sarvants sont demeurés des pêcheurs de personnes, alors qu’au vrai ce sont les assaillants de l’humanité. On a repoussé dans la nuit des temps à venir cette idée insupportable, — mais, un jour lointain, ces êtres, qui partagent avec nous l’empire de la Terre, peuvent s’aviser de nous asservir ou bien de nous exterminer, comme un jour peut-être nous irons occuper le bas des océans. ”
Citations sur “Sarvants”
“ Vis-à-vis de l’aréroscaphe, des Sarvants et du monde superaérien, nous sommes ainsi que des aveugles. Depuis le commencement de la vie, nous avons joué avec les Sarvants un jeu de colin-maillard terrifiant, — et c’est nous qui avions le bandeau sur les yeux ! (Ce ne sont pas, d’ailleurs, les seuls ennemis invisibles que nous ayons depuis si longtemps. Pensez à l’acide carbonique, le traître, à l’oxyde de carbone. l’empoisonneur son complice, et tant d’autres !) Nous sommes des aveugles en face des Sarvants, vous dis-je ! ”
“ L’arrivée d’un projectile aussi gros qu’un corps humain suffit à motiver le tumulte auquel tu fais allusion. Ce n’est pas cela. Il vaut mieux supposer, non pas que les Sarvants pompent leurs victimes, mais qu’ils les attirent au moyen d’une sorte d’aimant particulier, à la manière dont l’aimant véritable attire le fer. ”
“ Et il terminait sur un tableau poussé au noir de l’effarement des Bugistes, qu’il représentait « sidérés par l’effroi » et se demandant ce qui allait advenir maintenant que les Sarvants, parvenus à Culoz, devaient opter entre les villages riverains du Rhône et les villages semés à la base du Colombier. ”
“ Dans le pays, on ne devine pas. Les populations ne se connaissent pas d’ennemis. Et alors, en désespoir de cause, on admet la possibilité de quelque vindicte d’outre-tombe : une levée en masse de revenants, une invasion de Sarvants ! C’est fou ! mais que veux-tu : tout cela se perpètre la nuit, avec de ces raffinements puérils que l’on a coutume d’attribuer aux spectres ”
“ Donc les Sarvants y sont aussi dans l’air respirable !... Donc ils ont des sortes de scaphandres pour aller dans l’air, comme nous mettrions des scaphandres pour aller viviséquer les poissons dans leur élément aquatique... § Je ne regarde plus à côté. § Les Sarvants ne peuvent être des créatures plus grande que nous. La dimension des couloirs, la hauteur des étages, le prouvent. 27 juillet. Le malheureux ! le malheureux ! L’épouvantable torture ! On a continué. On continue... À l’étage plus bas, le porc a été transporté dans la chambre vide qui est sous le supplicié. ”
“ « L’aérarium est là ! » dit M. Le Tellier en se redressant, « ou plutôt les choses qui le rendaient visible. Cette nuit, c’étaient des nuages de terre qui tombaient ; les Sarvants l’ont jetée wagon par wagon. Ils se sont débarrassés de leur muséum d’océanographie ! » Des faces blêmes l’entouraient. — « Et les... les êtres ? » demanda Mme Arquedouve. « Les seize prisonniers ? » — « Henri ? » — « Suzanne ? » — « Marie-Thérèse ? » — « Fabienne ? » — « Il n’y a rien de vivant là-bas. Rien de mort non plus... Et là-haut il n’y a plus rien du tout. » ”
“ Pouvait-on n’être pas seul en l’absence à jamais de Marie-Thérèse ?... Il tendit vers le ciel des Sarvants la menace et la vanité de ses poings, et tout à coup lui vint une ivresse d’amertume, un désir forcené de souffrance et de sanglots. « Ah ! » songeait-il comme un enfant gâté. « On veut que je sois malheureux ! Ah ! on le veut ? Eh bien, je le serai, malheureux ! et même au delà de ce qu’on veut ! » Ainsi l’homme prétend toujours avoir raison de sa destinée. Pour endeuiller encore son effroyable solitude, le duc pensa donc à s’ensevelir au noir linceul de l’obscurité. ”
“ Voilà ce que la découverte des Sarvants nous enseigne d’abord. Mais ce n’est pas tout. Si nous considérons l’aventure sous un angle plus vaste, elle nous apprend une vérité qui serait bonne à retenir, même en admettant que le Péril Bleu ne soit qu’une fable, tellement alors cette fable resterait prodigieusement possible. Et c’est qu’à tout moment, des cataclysmes inopinés, d’une sorte analogue, peuvent fondre sur nous, sur nos fils ou leur descendance. L’humanité, ne possédant sur l’univers qu’un petit nombre de lucarnes qui sont nos sens, n’aperçoit de lui qu’un recoin dérisoire. ”
“ Il est plausible que les Bugistes ne sortent plus du tout, d’une part, et que, d’autre part, les Sarvants ont complètement renoncé à se risquer au delà du fond de leur mer. § L’homme est mort. À qui le tour ? ”
Eugène Gens, Nouvelles et souvenirs. Tome 2 (1876)
“ Je me défendis vainement : il fallut céder au nombre. On me désarma ; je fus fait prisonnier et conduit au camp des Sarrasins. Ma captivité fut longue. Vous dire tout ce que j'eus à souffrir ; tous les affronts, toutes les humiliations dont je fus abreuvé, je ne le puis. Plût au ciel que les Sarrazins m'eussent plutôt tué ! Plût à Dieu que le dragon m'eût dévoré ! Un jour, je fis voeu, si je revoyais mon beau castel du Rhin, de faire à Dieu le sacrifice de ce que j'avais de plus cher au monde. ”
Paul de Sémant,
Le Lac d'or du docteur Sarbacane
(1900)
“ « Voilllà!! dit-elle. Et maintenant, mes fistons, c'est moi qui commande la colonne!. En route pour le Sylphe ! Hue et aïe donc ! » Quant à Sarbacane, il était heureux comme un roi ! « Hein? mon neveu! croyez-vous que c'est un joli résultat, s'écria-t-il. Qu'en pensez-vous, monsieur le sceptique? Doutez-vous maintenant de mes talents de chasseur? — Non ! mon oncle. Je m'avoue stupéfait ! » ”
David Martin, Le Nouveau Testament
“ Comme le sarment ne peut point de lui-même porter de fruit, s’il ne demeure au cep, vous ne le pouvez point aussi, si vous ne demeurez en moi. 5 Je suis le cep, et vous en êtes les sarmens. Celui qui demeure en moi, et moi en lui, porte beaucoup de fruit ; car hors de moi, vous ne pouvez rien produire. 6 Si quelqu’un ne demeure point en moi, il est jeté dehors comme le sarment, et il se sèche ; puis on l’amasse, et on le met au feu, et il brûle. ”
Pierre Conrad Masson, Les Sarrasins en France. Tome 1 (1815)
“ Les Sarrasins sous le fer de la France Tombent sans nombre, et pareils aux épis Qui, par la faulx du moissonneur avide, Sont renversés sur leurs chaumes flétris. Mais dans leurs rangs l'œil ne voit point de vide; Sans s'épuiserr ouvrant ses pavillons, Leur vaste camp vomit des bataillons. Le jour s'enfuit, la nuit répand son ombre, Et la valeur, enfin, succombe au nombre. Seul, assailli, pressé de toutes parts, Souillé de sang, de sueur tout humide, Mais plus terrible encor, plus intrépide, Martel au loin promène ses regards : Il voit plier, s'ébranler son armée ”
Paul de Sémant,
Le Lac d'or du docteur Sarbacane
(1900)
“ Un quart d'heure plus tard, les deux oiseaux étaient enfilés à la queue leuleu et dix mètres de filin pendaient sur le sol derrière Mme Casoar! « Cette fois le plus difficile est fait! dit tout bas Sarbacane non sans jeter à Roger ainsi qu'à Philomène un regard de triomphateur. Oui! les voilà pris! Il ne s'agit plus que de faire un nœud solide à la corde. » Prudemment le professeur s'avança à travers les hautes herbes et les arbustes; il se glissa sans être vu jusqu'auprès des deux oiseaux et allongeant le bras il s'empara de l'extrémité du cordeau. ”
Paul de Sémant,
Le Lac d'or du docteur Sarbacane
(1900)
“ Si nous vendions Papillon, insinua la mère Lanfry. — Ça ne me sourit guère! déclara Sarbacane. J'y tiens beaucoup, et je serais navré de m'en séparer. — Pourtant, mon oncle, ce serait peut-être la meilleure solution; car nous ne pouvons nous éterniser dans ce coin perdu de Java; des devoirs impérieux nous appellent ailleurs. - Enfin! soupira Sarbacane. Il est des circonstances bien pénibles à traverser. Vous avez raison, Roger. Essayons de trouver un acquéreur. ”
Guillaume d'Orange , le marquis au court nez… (1867)
“ Cependant les Sarrasins font retentir la mer du bruit de leurs fanfares; il n'y a homme qui vive qui eût pu dire qu'il n'était pas plein d'effroi en les voyant débarquer. Vivian ranima les siens en leur disant : — Barons, ne perdez pas courage ! Dieu vous a appelés à sa défense. Heureux celui qui meurt aujourd'hui! il ira droit au ciel. En avant, avant que les païens aient formé leurs rangs. A ces paroles ils enfoncèrent les éperons dans les flancs des chevaux. Desramé, voyant leur troupe s'ébranler, crut qu'ils se mettaient à fuir, et en était enchanté. ”
Henri Cavaniol, Les Monuments en Chaldée, en Assyrie et à Babylone… (1870)
“ On a retrouvé des inscriptions contenant des prières de Sargon à ce Dieu, dans le Harem de Khorsabad. - Sin. Il avait un temple à Chalah. A Hisr-Sarkin, Sarkin lui dédia aussi un sanctuaire, il y était adoré avec Samas. — Une inscription de Sarkin nous l'a appris : « Sargon, roi du monde, roi d'Assyrie, a construit ce temple du dieu de la lune et du dieu du soleil, ses maîtres dans la ville de Sargon. Il l'a élevé depuis les fondations jusqu'au faîte, en l'honneur du maître des bataillons, qui soutient son glaive, qui étend la victoire du roi d'Assyrie, et qui donne la paix au pays d'Assyrie.» ”
Paul de Sémant,
Le Lac d'or du docteur Sarbacane
(1900)
“ Autour de ce singulier cortège Klaps, empoigné d'une joie sans bornes, bondissait en aboyant ! ! ! Quant au monstre, il semblait somnoler; sa marche était lourde, presque hésitante. Les yeux clignotaient, comme s'il eût été envahi d'une invincible envie de dormir. Au travers de ses narines, une forte liane tressée en anneau était reliée fortement à la corne de son nez. De chaque côté de cet anneau étaient fixées, en guise de rênes, les deux bretelles du docteur Sarbacane, et ce dernier, les tenant à deux mains, guidait tranquillement cette monture d'un genre inédit!. C'était charmant!!! ”
Paul de Sémant,
Le Lac d'or du docteur Sarbacane
(1900)
“ Il fit feu!. La balle — bien ajustée pourtant — glissa sur la carapace du pachyderme, et ce dernier s'ébroua comme si une mouche l'eût piqué. Puis, poussant un meuglement assez semblable à celui d'un bœuf, il agita en tous sens ses oreilles et sa queue. et, louchant de ses petits yeux noirs féroces, il fit un bond! Sarbacane tournant les talons voulut fuir. Il n'eut pas le temps d'éviter le choc, et sous la poussée du nez cornu de l'animal, le Docteur roula sur le sol, le nez dans les herbes. Philomène et Roger poussèrent un cri terrible. ”
Pierre Conrad Masson, Les Sarrasins en France. Tome 1 (1815)
“ En vain leurs rangs forment un mur d'airain; Sur des monceaux de morts, d'armes brisées, Martel bientôt s'ouvre un vaste chemin, Et, renversant le Sarrasin sauvage, Plonge trois fois le glaive dans son flanc, Lui fait vomir, par un triple passage, Son ame atroèe avec des flots de san g. Ce roi fameux, si terrible naguère, Gît désormais caché dans la poussière; La pourpre, l'or, ces vêtemens royaux, Qui, dans les rangs, le faisaient reconnaître, Sont dispersés, sont traînés en lambeaux, Et ses coursiers aux pieds foulent leur maître. ”
“ Les Sarrasins vaincus, renversés, et voyant leur roi tué, prirent la fuite. Ceux qui avaient échappé, voulant s’enfuir sur des vaisseaux, se jetèrent à la nage dans la mer, et ils sautaient les uns sur les autres pour se sauver. Mais les Francs, montés sur des vaisseaux, et armés de javelots, se précipitèrent sur eux, les tuèrent, et les firent périr dans les flots. Ainsi vainqueurs de leurs ennemis, les Francs s’emparèrent d’une grande quantité de butin, firent une multitude de captifs, et ravagèrent avec leur duc tout le pays des Goths. ”
Paul de Sémant,
Le Lac d'or du docteur Sarbacane
(1900)
“ Lorsque Sarbacane apparut, la rumeur s'accentua ; des cris d'effroi montèrent même au-dessus de la foule, et le Docteur entendit des bribes de phrases qui arrivèrent jusqu'à lui. « C'est là. au troisième!. Y s'a échappé de la ménagerie!. On dit qu'il a dévoré l'concierge ! Paraît même que c'est un serpent « vélimeux » ! Du coup la lumière se fit dans l'esprit du savant : c'était lui qui causait cette émotion extraordinaire, ou pour mieux dire, c'était son python albinos, dont le concierge épouvanté avait dû dénoncer la présence; et du reste, le concierge lui-même apparut bientôt. ”
Paul de Sémant,
Le Lac d'or du docteur Sarbacane
(1900)
“ Merci Zanim! dit Roger en tendant la main à l'Hindou. Et à dater d'aujourd'hui, vous n'êtes plus pour moi un serviteur, mais en quelque sorte un garde du corps. Vous resterez armé, pour veiller de concert avec M. et Mme Lanfry, sur ma petite fille. Ce serait en effet dommage de ne pas faire un soldat d'un homme qui sait si bien se servir de ses armes. — Quant à toi! ma perle rose! conclut Sarbacane, je bénis le Ciel de l'avoir ainsi protégée. Garde donc précieusement ta Liliane ”
L' Arioste, Roland furieux : vingt chants (1865)
“ Ainsi des Sarrasins; leur troupe, d'effroi pleine, Se jette sur les pas du paladin Roland : « A lui! Courons à lui! » disent-ils en hurlant. LXXVIII Par milliers, lance et trait, atteignent sa cuirasse, Ou sur son bouclier laissent plus d'une trace ; Il est comme enfermé dans un cercle vivant, Et frappé par derrière, aux côtés, par devant; Mais la peur n'a d'accès que dans l'âme servile : Il ne fait pas plus cas de cette troupe vile Qu'en l'étable un grand loup, dont la faim bat les flancs, Ne compte les agneaux autour de lui bêlants. ”
Paul de Sémant,
Le Lac d'or du docteur Sarbacane
(1900)
“ Il y avait donc là un écart capable de surprendre brutalement un homme; mais cela ne dura que quelques minutes, au bout desquelles Sarbacane se trouva tout à fait à son aise et put se mouvoir librement. Ce qui lui causa le plus de gêne, c'est que l'horizon était peu visible. A quelques mètres de lui, l'opacité des couches liquides devenait complète! Mais on s'habitue vite aux étonnements sous-marins, et bientôt notre brave professeur, donnant téléphoniquement l'ordre au Sylphe de se mettre en marche très doucement, se mit lui-même en route, guidé et soutenu par le filin d'attache. ”
L' Arioste, Roland furieux, traduction nouvelle et en prose par M. V. Philippon de la Madelaine… (1864)
“ La mort, sous mille formes hideuses, plane sur les Sarrasins, et elle se dit : « Cent faux comme la mienne ne vaudraient pas Durandal aux mains de Roland!» Ses coups se succèdent sans relâche, et bientôt tous les Sarrasins prennent la fuite. Ceux qui se sont le plus avancés, croyant avoir bon marché d'un homme seul, se dispersent les premiers sans attendre leurs compagnons; les uns se sauvent à pied, les autres à toute bride ”
Pierre Conrad Masson, Les Sarrasins en France. Tome 1 (1815)
“ Au mouvement de ces hordes armées, La terre tremble, et l'espace s'enfuit, Et de leurs pas le formidable bruit Est d'une mer qui se lève et retombe. A leur fureur tout cède., tout succombe; Le feu, le fer, à l'envi leur frayant Mille chemins sur la France envahie, D'un meurtre immense et d'un vaste incendie Offrent partout le spectacle effrayant. FIN DU SECOND CHANT. LES SARRASINS EN FRANCE. CHANT TROISIÈME. ARGUMENT. Alalior, roi d'Alger, devance la marche d'Abdérame, poussé par l'amour et la vengeance. Il aime Alis ; Raldin est son heureux rival. ”
Jean de Rotrou,
Œuvres de Jean de Rotrou
“ Sardarigue Allons, votre parti, ne trouvera personne. Syra Le Ciel l'embrassera, si le sort l'abandonne ; Et veille avec trop d'yeux, sur l'intérêt des Rois, Pour laisser outrager, la majesté des lois. [820] Sardarigue C'est en son équité, que Syroës espère. Syra Après s'être emparé, du trône de son père ! Sardarigue Après que votre fils veut s'emparer du sien : Mais j'obéis, Madame, et n'examine rien. Syra Il faut que tout périsse, ou ma vengeance, traître, [825] M'apportera ta tête, et celle de ton maître. Sardarigue Le plus faible parti, prendra loi du plus fort ”
L' Arioste, Roland furieux (1516)
“ Pendant qu’elle réconforte le Sarrasin, voici venir, le cor et le havresac au flanc, et galopant sur un roussin, un messager qui paraît affligé et las. Dès qu’il fut près de Sacripant, il lui demanda s’il n’avait pas vu passer par la forêt un guerrier à l’écu blanc, avec un blanc panache sur la tête. Sacripant répondit : « Comme tu vois, il m’a ici abattu, et il vient de partir tout à l’heure ; et pour que je sache qui m’a mis à pied, fais que par son nom je le connaisse encore. » ”
