Eugène Gens

Résumé

Eugène Gens Nouvelles et souvenirs. Tome 2 (1876)

Je parlerai de Trois-Ponts au passé. Il existe toujours, mais, hélas ! il a un chemin de fer. Le chemin de fer du Grand-Luxembourg a déchiré, bouleversé
la sauvage vallée de la Salm. Son charme champêtre s'est évanoui. Aux mugissements des vaches, aux bêlements des chèvres, au murmure du torrent sur ses cailloux, ont succédé le roulement des trains, l'aigre sifflet des signaux et le hoquet des locomotives; à la calme et douce solitude, le mouvement affairé d'une station. Rien n'effarouche une idylle comme le bruit d'un chemin de fer :
De peur de l'écouter Pan fuit dans les roseaux.
Source : Gallica

Eugène Gens Nouvelles et souvenirs. Tome 2 (1876)

Dans tout l'horizon, pas un être humain, pas une culture, pas une habitation : Rien que des bois, des bruyères, de l'eau, des rochers, des montagnes; rien que les beautés brutes de la nature et du désert.
Une heure au moins se passe sur cette crête à nous reposer, à causer, à contempler, à rêver. A un détour de la vallée nous apercevons deux hommes qui marchent dans la rivière. Nous sommes si bien sous l'impression de la solitude que la présence d'êtres humains dans ce désert nous cause de l'étonnement.
Source : Gallica

Eugène Gens Nouvelles et souvenirs. Tome 2 (1876)

Le paysage s'accentue. Nous sommes sur la crête d'un isthme formé par les méandres de l'Ourthe. Nous voyons la rivière luire entre les arbres, à la fois à notre droite et à notre gauche. Chaque éclaircie nous laisse entrevoir un pays tourmenté, hérissé, déchiré, scabreux, rocheux, sauvage. Fritz pousse des exclamations, Max est rêveur. Nous descendons dans la vallée par un chemin creux dont les pluies d'orage font un lit de torrent, comme l'attestent les pierres roulées et les profondes
ravines dont il est sillonné.
Source : Gallica

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