Résumé

Louis Rouquet Au bord de l'eau : les loisirs d'un vieux pêcheur (1924)

Si chasser avec un fusil qui n'est pas à votre couche, qui tombe mal à l'épaule est chose souverainement désagréable, pêcher avec une canne mal équilibrée, mal jointe, que vous n'avez pas en mains, ne vaut pas mieux, surtout quand il s'agit de pêcher à la mouche. L'emploi de cet engin défectueux gâte complètement le plaisir de la pêche, on se fatigue, on s'énerve, on jette tout de travers, l'amorce tombe à l'aventure et la bredouille qu'on encaisse fait qu'on rentre à la maison fourbu et d'humeur massacrante.
Source : Gallica

Louis Rouquet Au bord de l'eau : les loisirs d'un vieux pêcheur (1924)

Nous sommes ici plusieurs pêcheurs, connaissant a fond la pêche de la truite ; le ver, l'hélice, la mouche artificielle n'ont plus de secrets pour nous : or, malgré notre grande habitude de la pêche, nous ne prenons presque rien cette année. Les pêcheurs sont philosophes, et peut-être, nous résignerions-nous à notre triste sort, si nous n'avions pas la guigne de voir un confrère réussir à côté de nous — et quel confrère ! — un maladroit, un novice, un bleu, qui tient sa canne comme il tiendrait un cierge et qu'on voit embarrassé pour les moindres difficultés, difficultés dont nous nous jouons.
Source : Gallica

Louis Rouquet Au bord de l'eau : les loisirs d'un vieux pêcheur (1924)

Certes, j'en conviens, la pêche à la mouche est plus élégante, plus difficile aussi que la pêche au ver; vouloir lui comparer cette dernière, c'est vouloir comparer la fine poésie à la lourde prose, comme le dit si spirituellement l'auteur de la Tiviite de Rivière, mais que cette lourde prose a de charmes quand même ! Et que d'avantages elle offre ! A mon avis, la pêche au ver est, en effet, de beaucoup la plus sûre, celle qui laisse le moins de prise à l'imprévu, aux petits accidents ; avec elle on manquera rarement le poisson ferré comme il convient.
Source : Gallica

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