Résumé

Portrait de Louis Lemercier de Neuville Louis Lemercier de Neuville Vers de vase : amorces poétiques offertes aux pêcheurs malheureux (1906)

VERS DE VASE 15
XI
NOVEMBRE
Si tu n'es pas lassé, pêcheur, reviens encore Au bord du fleuve où tu fus heureux tout l'été ; Seulement garde-toi d'y venir dès l'aurore, L'après-midi suffit à ton activité.
Alors que le soleil de ses rayons décore Les lointains estompés, tu peux en vérité Te payer ce plaisir, que le profane ignore, De prendre une friture avec rapidité.
Si tu vois s'éloigner le poisson que tu cherches,
Ne te désole pas et songe que les perches
Sont sur le coup, qu'il faut les prendre ; pour cela,
Mets à ton hameçon, — du dix, — un ver de terre Et tiens bien ton roseau
Source : Gallica

Portrait de Louis Lemercier de Neuville Louis Lemercier de Neuville Vers de vase : amorces poétiques offertes aux pêcheurs malheureux (1906)

Un bon pêcheur s'arrête alors et prend sa sonde Car il n'a plus le fond exact: l'onde a monté. Le poisson que cette eau fétide a dégoûté Reste au fond, dédaignant cette purée immonde.
Et pour mieux l'inviter à ne pas s'éloigner, On lui jette du blé, des pelotes bourrées D'asticots bien vivants, amorces consacrées Qui, pour lui, ne sont pas fricots à dédaigner.
Cette nouvelle amorce étant alors jetée, L'espoir renaît ! Mon oeil suit le plumet flottant Et je crois au poisson qui va mordre, d'autant Que je viens d'allumer ma pipe culottée.
C'est mon fétiche à moi ! Quand je fume, ça mord !
Source : Gallica

Portrait de Louis Lemercier de Neuville Louis Lemercier de Neuville Vers de vase : amorces poétiques offertes aux pêcheurs malheureux (1906)

Pêche au ver de terreau, la carpe en fait grand cas, Et dans ce mois, d'ailleurs, elle ne prendrait pas La boulette de pain avec le miel pétrie.
8 VERS DE VASE
IV
AVRIL
Encore un mois perdu pour le pêcheur tenace ! La sève fait partout éclater les bourgeons, L'hirondelle revient tournoyer dans l'espace, Les insectes ailés volent autour des joncs.
La nature renaît. La verdure remplace Le squelette de l'arbre et les petits goujons Sous les herbes s'en vont frayer de place en place Des canards affamés redoutant les plongeons.
Source : Gallica

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