Jules Gourdault, Revue des Deux Mondes
“ Le flotteur n’hésite pas. Il connaît par cœur son torrent ; depuis l’enfance il lutte corps à corps avec lui, il en a sondé tous les gouffres, exploré toutes les cavernes, tâté du pied toutes les corniches accessibles ; rien qu’à la façon dont les eaux y donnent de la voix, il sait le niveau qu’elles marquent aux entailles des rochers indicateurs de l’étiage. Toute l’histoire du monde se résume pour lui dans les variations capricieuses de ce cours d’eau tour à tour emporté et bénin dont on se transmet par tradition les annales. ”
