Jules Gourdault

Résumé

Jules Gourdault Revue des Deux Mondes

L’endroit, en somme, était charmant : l’air et le parfum y étaient déjà ceux des mayens ; force fut aux pâtres de laisser les vaches s’ébattre là une bonne demi-heure. Ce n’était pourtant qu’une oasis isolée, au sortir de laquelle le paysage recommença de se hérisser à plaisir. Le ruisseau qui tout à l’heure s’extravasait si doucement au travers du pré reprit allure de torrent et se replongea dans l’abîme écumeux d’un défilé. La rampe sinueuse sur laquelle nous longions le gouffre s’appuyait de l’autre côté à une gigantesque paroi de rochers ruineux qui avait encombré la route de ses éboulis.
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Jules Gourdault Revue des Deux Mondes

Wally se trouvait à Sölden comme il rapportait son trophée, et, à la vue du héros, au récit de son valeureux exploit, elle a senti battre d’amour son cœur de seize ans. Malheureusement, avant même qu’elle ait pu parler à Joseph, et qu’en vertu du dicton : qui se ressemble s’assemble, le beau chasseur ait eu le temps de s’éprendre d’elle, son père le fermier vient tout gâter. Le Stromminger, — c’est son nom, — a passé jusqu’alors pour l’homme le plus vigoureux de la montagne ; à l’idée qu’il lui faut enfin céder le pas à un « jeune, » son orgueil se révolte ; il insulte Joseph et le défie.
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Tout à coup elle voit la servante, là-bas sur le sentier, se retourner encore une fois et lever la main pour lui montrer quelque chose. Elle suit la direction de son doigt, et qu’aperçoit-elle ? un objet qui flotte dans l’air le long des rochers, d’une allure pesante et mal assurée, comme un cerf-volant auquel le vent ferait défaut. Il va toujours, donnant une petite poussée en avant, puis retombant pour se redresser derechef avec peine. C’était le vautour de Wally, qui, avec ses plumes rognées, l’avait suivie durant tout le trajet, voletant ainsi laborieusement.
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