Alfred Mousseau

Résumé

Alfred Mousseau Mirage

Ce fut Arthur qui empêcha le roman de prendre corps, avec l’insouciance et l’amour du moi si caractéristique chez lui. Il arrivait toujours au mauvais moment, quand les deux amoureux allaient dire le mot qui révèle et qui lie, quand le trop-plein de leur cœur allait s’épancher. Pas une fois il ne songea qu’il dérangeait un tête-à-tête qu’un bon frère aurait prolongé, pas une fois il ne songea que ce grand garçon qui était assis à côté de sa sœur serait pour elle un bon protecteur dans la vie, pas une fois il ne songea au bonheur des autres ; il ne pensa qu’à lui-même.
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Alfred Mousseau Mirage

Adulé par les uns, respecté par les autres, généralement estimé, Dulieu n’était connu sous son vrai jour que par un petit nombre de malheureux dont aucun n’était capable de lui faire perdre la considération à laquelle il n’avait pas droit et dont il jouissait quand même.
Il passait la belle saison à Saint-Augustin et goûtait les beautés de la nature sans aucune arrière-pensée, avec autant de calme et de candeur qu’un enfant : les parfaites canailles éprouvent souvent une paix d’esprit et de conscience que bien des honnêtes gens scrupuleux pourraient leur envier.
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Alfred Mousseau Mirage

Ni Louis ni Ernestine ne savaient ce que c’était que l’amour et il avait déjà passé près du jeune homme sans que celui-ci s’en aperçût, aux dernières vacances de Noël, mais tous deux goûtaient dans la compagnie l’un de l’autre un plaisir sincère et grandissant contre lequel ils ne réagissaient pas. Louis n’éprouvait plus sa timidité habituelle avec la jeune fille et ils en étaient venus à se considérer comme des amis. L’amour commence souvent par cette amitié franche qui met en harmonie les esprits, avant que les cœurs ne battent à l’unisson.
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