Louis Lemercier de Neuville

Élements biographiques

Portrait de Louis Lemercier de Neuville Louis Lemercier de Neuville,  Vers de vase : amorces poétiques offertes aux pêcheurs malheureux (1906)

“ Un bon pêcheur s'arrête alors et prend sa sonde Car il n'a plus le fond exact: l'onde a monté. Le poisson que cette eau fétide a dégoûté Reste au fond, dédaignant cette purée immonde.
Et pour mieux l'inviter à ne pas s'éloigner, On lui jette du blé, des pelotes bourrées D'asticots bien vivants, amorces consacrées Qui, pour lui, ne sont pas fricots à dédaigner.
Cette nouvelle amorce étant alors jetée, L'espoir renaît ! Mon oeil suit le plumet flottant Et je crois au poisson qui va mordre, d'autant Que je viens d'allumer ma pipe culottée.
C'est mon fétiche à moi ! Quand je fume, ça mord !
”
Source : Gallica

Portrait de Louis Lemercier de Neuville Louis Lemercier de Neuville,  Contes abracadabrants (1882)

“ BOBICHET. – Diable ! c'est court, vingt minutes !
LE RÉALISTE. – Je ne puis pas cependant te donner plus de temps. La comtesse doit surprendre le capitaine à ce moment-là, et si le jeune paysan n'est pas ivre-mort il entendra nécessairement la conversation, ce qui ne peut être. –
Allons, voyons, voilà du bon vin, avale !
BOBICHET, avalant deux verres coup sur coup. –
Eh ! eh ! il n'est pas mauvais ce petit vin-là !
LE RÉALISTE. – N'est-ce pas ? – C'est bien dans la nature : l'homme qui commence l'ivresse
rend d'abord hommage au vin !
”
Source : Gallica

Portrait de Louis Lemercier de Neuville Louis Lemercier de Neuville,  Angéline, ou Voyages aux royaumes de la parure… (1893)

“ LES MÊMES, une MENDIANTE.
LA MENDIANTE.
La charité, s'il vous plait Pour l'amour du bon Dieu
LA BAGUE.
Voulez-vous bien vous en aller, malheureuse? ANGÉLINE.
Pourquoi rudoyez-vous cette pauvre femme? Elle a l'air bien misérable
LA RIVIÈRE DE DIAMANTS.
C'est une fainéante.
L'ÉPINGLETTE.
Elle n'a que ce qu'elle mérite.
ANGÉLINE.
N'importé, elle m'intéresse. Approchez, bonne femme, et contez-moi vos malheurs.
jaquotte.
Nous sommes indulgentes.
LA MENDIANTE.
Hélas! mes bonnes demoiselles, je subis le sort de toutes celles qui, comme moi, ont trop aimé le luxe et la parure!
”
Source : Gallica

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