Louis Lemercier de Neuville,
Vers de vase : amorces poétiques offertes aux pêcheurs malheureux
(1906)
“ Un bon pêcheur s'arrête alors et prend sa sonde Car il n'a plus le fond exact: l'onde a monté. Le poisson que cette eau fétide a dégoûté Reste au fond, dédaignant cette purée immonde. Et pour mieux l'inviter à ne pas s'éloigner, On lui jette du blé, des pelotes bourrées D'asticots bien vivants, amorces consacrées Qui, pour lui, ne sont pas fricots à dédaigner. Cette nouvelle amorce étant alors jetée, L'espoir renaît ! Mon oeil suit le plumet flottant Et je crois au poisson qui va mordre, d'autant Que je viens d'allumer ma pipe culottée. C'est mon fétiche à moi ! Quand je fume, ça mord ! ”

