Hippolyte de Chavannes de La Giraudière

Résumé

Hippolyte de Chavannes de La Giraudière Souvenirs d'un vieux pêcheur (1853)

Chez nous, une perche d'un kilogramme est un beau poisson; en Écosse et en Norwége, elle ne mérite ce nom que lorsqu'elle pèse de trois à quatre kilogrammes.
La gueule du brochet et l'entrée de son gosier sont hérissées d'une forêt de dents inégales, pointues, tranchantes, recourbées. Quand cette gueule, large, profonde, insatiable, sous l'effort de muscles puissants, se referme sur une victime, le sang et la vie de celle-ci s'écoulent à la fois par cent blessures.
Source : Gallica

Hippolyte de Chavannes de La Giraudière Souvenirs d'un vieux pêcheur (1853)

Aucun poisson n'a d'ennemis plus personnels, plus acharnés, et ses moyens de défense sont à peu près nuls. Sa chair, à la fois délicate et savoureuse, paraît aussi estimée des poissons et des oiseaux que des humains; et comme en outre la pêche au goujon est à la fois des plus faciles, des plus amusantes et des plus pratiquées, il résulte de toutes ces circonstances réunies une difficulté véritable à comprendre comment il suffit, encore aujourd'hui, de jeter une ligne amorcée d'un ver rouge dans une rivière ou dans un ruisseau coulant sur un fond de gravier, pour en retirer bientôt un goujon.
Source : Gallica

Hippolyte de Chavannes de La Giraudière Souvenirs d'un vieux pêcheur (1853)

Qui né connaît l'ablette, ce petit poisson, le premier que tout pêcheur a senti frétiller au bout de sa ligne ? car il est, à mon avis, plus difficile, quand on pêche, de ne pas prendre des ablettes que d'en prendre. L'ablette, qui fait le bonheur des enfants et des maladroits, est le fléau du pêcheur qui se respecte. Elle le taquine, parce qu'elle se tient partout, dans les remous, dans les rapides, au fond, à mi-eau, à la surface , et attaque indistinctement tous les appâts, qu'elle mâchonne, qu'elle suce,
qu'elle finit par emporter par atomes.
Source : Gallica

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