“ Celui-ci, rendant grâce à Dieu, envoya chercher le comte, et lui dit : « Tu avais coutume, mon très cher fils, de m’entendre d’une âme bénigne ; pourquoi aujourd’hui t’es-tu obstiné à ne pas relâcher un homme dont je te demandais la vie ? — Je t’écoute toujours volontiers, saint prêtre, lui dit le comte ; mais le peuple s’est soulevé, et je n’ai pu faire autrement dans la crainte qu’il ne se révoltât contre moi. — Quand tu ne m’écoutais pas, dit le reclus, Dieu a daigné m’écouter, et a rendu à la vie celui que tu avais envoyé à la mort. Le voilà, dit-il, plein de santé en ta présence. » ”
François Guizot
Résumé
"Histoires", rédigé par François Guizot, explore les intersections entre l'histoire francique et la théologie chrétienne, à travers des récits centrés sur des figures royales comme Clotaire, Chilpéric ou Sigebert, ainsi que des saints tels que Martin de Tours.
Ce texte, marqué par des dialogues mystiques et des récits de miracles, souligne l'importance de la foi et de la vie éternelle, en mêlant chronique politique et spiritualité. Les thèmes de la conversion, de la justice divine et des tensions entre pouvoir temporel et autorité religieuse structurent une œuvre qui synthétise les enjeux de l'Église et de la royauté mérovingienne.
Citations de Histoires (François Guizot)
“ Le monde n’est rien, les richesses ne sont rien, la pompe de cette terre n’est rien ; la vie même dont nous jouissons n’est rien. Il vaut bien mieux rechercher cette vie que la mort même ne termine point, qu’aucun accident, aucun malheur ne peut interrompre ni finir ; où l’homme, plongé dans la béatitude éternelle, s’abreuve d’une lumière qui ne se couche point ; et, ce qui est bien plus que toutes ces choses, où la présence du Seigneur lui-même, dont il jouit par la contemplation, le transporte dans l’état des anges et le pénètre d’une joie impérissable. ”
“ Prétextat lui dit : « En exil et hors de l’exil, j’ai toujours été, je suis et je serai évêque ; mais tu ne jouiras pas toujours de la puissance royale. De l’exil nous passons, avec l’aide de Dieu, dans le royaume céleste ; de ton royaume, toi, tu tomberas dans l’abîme. Il aurait mieux valu pour toi laisser là tes méchancetés et tes folies, te convertir à une meilleure conduite, et dépouiller cet orgueil qui bouillonne toujours en toi, afin que tu pusses obtenir la vie éternelle, et amener à l’âge d’homme cet enfant que tu as mis au monde. » ”
