“ Lorsque tu sais que ce rêve aboutit à la mort, Qu’après toi le tout demeure tel qu’il est, quoi que tu fasses Et quoi que tu veuilles faire dans ce monde — alors, tu es las De l’éternelle course et une pensée te séduit : Que la vie du monde est le rêve de la mort éternelle. ”
Mort éternelle
Définition et enjeux
Citations sur “mort éternelle”
Saint Augustin,
Discours sur les psaumes : Psaumes XXXI à XL
“ Appréhende la mort éternelle, et tu ne t’inquiéteras nullement de la vie présente. Soupire après les immortelles voluptés du paradis ; que l’immuable tranquillité du ciel soit l’objet de tes désirs, et tu te riras du monde entier et de tous ses faux biens. ”
Jacques de Voragine,
La Légende dorée
(1261-1266)
“ Il y a deux sortes de mort, la mort corporelle et la mort éternelle. Et la parole que tu cites, démon, ne se rapporte qu’à la mort corporelle, non à la mort éternelle. Car tous meurent quant au corps, mais tous ne meurent point quant à la vie éternelle. ”
Léocadie Penquer,
(Oeuvres posthumes). Mes nuits…
(1891)
“ Si la mort est l'absence éternelle, pourquoi Le respect des tombeaux qui peuplent son royaume? Et pourquoi, sur leur seuil, la prière et la Foi ?... Ah! pourquoi cette source où se puise la vie : L'amour!... Si l'homme né de l'amour doit finir? Pourquoi l'enlacement et l'extase ravie De deux coeurs que la mort s'apprête à désunir? L'espérance, pourquoi? Qu'importe sa parole, Devant un but borné pour sa voix?... Elle a tort. Elle parle au hasard comme parle une folle; Elle ment si, pour nous, la mort n'est que la mort. ”
Trouvères et troubadours, chants poétiques… (1889)
“ Dans le chant de l'oiseau, hôte ailé du bocage : Partout je te vois, je t'entends ! De l'éternelle mort la rigueur inflexible A, sans pitié pour moi, de son souffle invisible Anéanti ta vie, empoisonné mesjours. Aux cuisantes douleurs dont mon âme s'abreuve Il manquait donc encor cette cruelle épreuve De t'avoir perdu pour toujours ? Pour toujours ? Non, mon fils ! le désespoir s'empare De ma faible raison, qui se trouble et s'égare ; La mort n'est pas la mort, c'est l'immortalité. Le néant ne serait qu'un horrible blasphème ; La résurrection touche à l'heure suprême Où commence l'éternité. ”
Charles Glinel, Alexandre Dumas et son oeuvre. Notes biographiques et bibliographiques… (1884)
“ Pourquoi l'homme, à l'instant de se la voir ravie, De ses bras décharnés ressaisit-il la vie ?. C'est qu'il demande en vain, à son dernier moment, Quand l'ange de la mort bat son front de son aile, S'il est le messager de la vie éternelle, S'il est l'envoyé du néant. C'est que de la souffrance il a pris l'habitude, C'est qu'il écoute encor avec sollicitude Du monde qui le fuit et les ris et les pleurs ; C'est qu'à l'éternité du néant qu'il abhorre Son cœur épouvanté préférerait encore L'éternité de ses douleurs. ”
Stefano Evodio Assemani, Les Actes des martyrs d'Orient… (1871)
“ Courage, mes frères, et confiance en Dieu. Votre résurrection descendra avec vous dans la tombe, et quand la trompette de l'ange réveillera les morts, DES MARTYRS D'ORIENT 55 vous l'entendrez, et vous vous lèverez. Le Christ aussi a été immolé, et il est vivant : votre mort vous fera trouver la vie en lui. Souvenez-vous de ses paroles : Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, mais qui ne peuvent tuer l'âme. Quiconque perd sa vie pour moi la retrouvera dans la vie éternelle, La marque du vrai amour, c'est de mourir pour celui qu'on aime. ”
Nicolas Martin, Poésies de N. Martin (1867)
“ Que la mort foit la vie, ou notre dernier somme , Bientôt viendra la mort, qui faura tout guérir ! Oui bientôt : cette vie est le rêve d'une ombre. Encore quelques jours, & ton âme entrera Dans l'aurore éternelle ou dans l'éternelle ombre ; Dieu soufflera ta flamme , ou la vivifiera ! Courage ! Tu n'es pas le seul dont le cœur faigne , Et de meilleurs peut-être ont encor plus souffert. ”
A Raulet, Souvenirs de guerre (1914-1916… (1918)
“ Et c'est bien là qu'on peut demander avec mépris à la Mort, où est sa victoire, si on ajoute, comme le philosophe : « Les vivants peuvent nous enlever leur amitié, les morts nous la laissent inaltérable et inépuisable si nous le voulons pour l'éternelle cène intérieure! » Vous tous qui lirez ces vers réunis dans ce recueil par une pieuse et touchante attention, comme dernier souvenir de celui qui n'est plus, accordez une pensée au poète qui dans les « Immortels » a écrit : « Souvenez-vous qu'un mort n'est pas tout à fait mort, Tant qu'il reste un vivant pour l'aimer sur la terre. » ”
Gustave Flaubert,
Bouvard et Pécuchet
(1881)
“ — La vie est un passage, mais la mort est éternelle ! ”
Édouard Pailleron,
Amours et Haines
“ Ce qu’il commence, Dieu l’achève ; Elle est à toi — du souvenir À l’enversAu rêve ! Ris à la mort, assez douté ! La mort n’est plus un grand peut-être ; As-tu peur que l’éternité À l’enversNe manque à l’être ? ”
Michel-Ange, L’Œuvre littéraire de Michel-Ange
“ III Je fus mortelle ; aujourd’hui, je vis dans l’éternité. J’apparus un moment sur la terre ; maintenant, j’habite pour jamais dans le ciel. O changement que je bénis ! la mort, en me frappant, m’a donné l’immortalité. ”
Edmond Saigey, Discours prononcé à Wesserling… (1866)
“ Aussi qu'il est terrible, le moment du départ! la raison a beau parler, elle a beau dire que cette vie décline, que la mort arrive à grands pas; l'affection est là, le sentiment filial, qui rêvait l'éternité ici-bas, quand elle ne s'ouvre qu'après la tombe ! ”
Victor Leroux, Les Voix du siècle, par Victor Leroux (1836)
“ Puis, comme un front de mort, traverser solitaire Au milieu des vivans sans croyance , sans foi ; Marcher en tâtonnant, ne toucher qu'à la terre ; A chaque nouveau pas heurter contre un mystère ; Tout vouloir; n'avoir rien !-C'est tout homme !-C'est moi ! Que d'heures dans un an ! — Et que de jours à vivre! — A combien de dégouts il me faudra survivre ! — Quel abîme à creuser!- Oh ! Je voudrais mourir, Pour savoir, si la mort elle-même est mensonge, Si l'éternité vaut la peine de souffrir; Si paradis, enfer, tout cela n'est qu'un songe ! ”
Félix Simon, Au chemin de la vie (choix de poèmes… (1929)
“ Nous qui croyons en Dieu n'ayons pas les alarmes De tant de malheureux, hélas ! qui n'y croient pas. Mourir n'est pas mourir ! Pour compléter son être A l'homme il faut la tombe : il achève de naître Aux portes du trépas ! Mourir n'est pas mourir ! c'est commencer à vivre ! Comme l'oiseau captif que notre main délivre Notre âme ainsi s'envole ivre de liberté, La mort brise son corps cette prison charnelle, Et sereine elle part et fuit à tire d'aile Vers son éternité ! ”
“ Tout est fini, tout est passé ! C’est moi maintenant qui dois mourir et mourir sans espoir ! — Qu’est-ce donc que la mort ? Si c’était le néant... Plût à Dieu ! Mais Dieu lui-même ne peut faire que la mort soit le néant. ”
“ Pendant près d’un an, dans nos conversations inépuisables, nous avions envisagé la vie sous toutes ses faces, et la mort toujours pour terme de tout ; et après avoir tant causé de la mort avec elle, j’avais vu la mort la frapper à mes yeux. ”
Ubald Paquin, Le massacre dans le temple
“ La mort n’est-ce pas le néant ! Mais il a une âme ! Qu’est-ce que l’âme ! Que sont ses aspirations ? Où ira-t-elle cet âme ! Elle mourra comme son corps. Peut-elle mourir ? Non : elle se volatilisera dans l’Éther. ”
Philip Massinger,
Dorothée, vierge et martyre, tragédie…
(1873)
“ Tu dors dans ta tranquillité, Ne vois-tu point que ce qui semble N'être ici qu'un souffle qui tremble Est là-haut une éternité? Combien la fin de notre vie Répond à son commencement? De pleurs la naissance est suivie, La mort est un gémissement. Notre berceau de notre tombe N'est séparé qu'un seul instant, L'enfer est là, si je succombe, Ou bien c'est le ciel qui m'attend. ”
Alexandre Latil,
Les Éphémères
“ A travers la lueur de ces clartés sans nombre, Je vois passer sans cesse et s’agiter dans l’ombre Des fantômes hideux. Serait-il de la mort le funeste présage ? Quoi ! la mort viendrait m’enlever à mon âge ! ”
François-René de Chateaubriand,
Atala ; René ; Les Aventures du dernier Abencérage
(1865)
“ Pourquoi cet étonnant mystère ne serait-il pas l'indice de notre immortalité? Pourquoi la mort, qui sait tout, n'aurait-elle pas gravé sur le front de sa victime les secrets d'un autre univers? Pourquoi n'y aurait-il pas dans la tombe quelque grande vision de l'éternité? ”
Claude Vignon, Œuvres de Claude Vignon — Nouvelles
“ Tu cherches et ne trouves qu’un irréparable malheur. Tu t’interroges, et, loin de souhaiter d’autres victimes expiatoires, je te vois en face de mon cadavre reculer épouvanté. C’est qu’au-devant de la mort et de l’éternité, — ou du néant, — les plus terribles passions s’évanouissent... ”
“ Fin d’un monde, mais qui s’accompagne de recommencements. ⁂ La vie serait terne sans ce grand coup final, la mort, qui relève et enlève tout. La mort ! n’est-ce pas pour toute existence l’heure du pardon, de la rentrée en grâce et quelquefois de l’entrée en gloire ? Tous devraient y trouver une lueur d’apothéose. « La mort, dit Proudhon, est la dernière des béatitudes. » ”
George Sand,
Le Dernier Amour
(1867)
“ Je sentis un vertige passer devant mes yeux et je ne sais quel frisson de mort dans tout mon être. Non, il n’y a pas qu’une mort ; même dans cette courte vie que nous traversons, nous mourons plusieurs fois. Nous périssons à plusieurs reprises. Notre être apparent reste le même, mais au dedans de nous une âme se détache, s’envole ou s’anéantit ; nous la sentons se glacer en nous et peser comme un cadavre. ”
Charles Baudelaire,
Les Fleurs du mal/1857
“ LA MORT DES PAUVRES C’est la Mort qui console et la Mort qui fait vivre ; C’est le but de la vie, et c’est le seul espoir Qui, divin élixir, nous monte et nous enivre, Et nous donne le cœur de marcher jusqu’au soir ”
“ Il mourut jeune, arraché au monde aimé, à sa mère en larmes, à ses amis... Le sombre calice des indicibles souffrances, sa bouche sainte le vida. Dans l’angoisse effroyable il vit approcher l’heure de la naissance du monde nouveau : il lutte péniblement avec les affres de l’antique Mort, défaillant sous le poids du Vieux Monde. ”
Armand Silvestre,
Les Renaissances/Lemerre, 1870
“ Des formes que la Mort prend, rassemble et distend. — Elle se fait en nous dans l’ombre et nous attend, Cette part de notre âme à nos corps étrangère ! Elle se fait, en nous, de l’espoir révolté Qui seul nous faisait vivre et que trahit la vie : — De tout ce qui laissa notre âme inassouvie Se forme et croit en nous notre immortalité. ”
Charles Morice, La Littérature de tout à l’heure
“ Si nous savions roidir notre volonté dans l’indéfectible rêve de l’Éternel et de l’Immense, de l’infini et de l’Absolu, la mort serait pour nous comme si elle n’était pas, accident comme indifférent à la pérennité de notre âme. ”
Xavier Rousselot, L'avenir : poème (1895)
“ Tout passe, rien ne meurt pour ne plus reparaître, La mort est un vestiaire où l'on change d'habit. L'heure où je vais mourir est l'heure où je vais naître : Aux quatre coins du Ciel l'Eternité le dit. ”
Louis Chadourne,
L'inquiète adolescence
(1920)
“ Et même, s’il vous arrivait de trouver en une créature l’apaisement de votre cœur, songez que cette créature est périssable, que la mort la ronge lentement, comme vous, comme moi ; qu’elle vieillira, qu’elle se défera fibre par fibre entre vos bras impuissants. Un jour, c’est un squelette que vous presserez sur votre poitrine, une poignée d’ossements que vous étreindrez. La mort ! La mort partout ! Et vous, avide d’éternité... ”
“ Qui dans tes maigres mains détiens les destinées Et qui remplis de ciel les yeux défunts au jour ; Qu’on te louange ! Ô mort pieuse et baptisée ! Mort, qui portes en toi la tristesse des soirs, Mort sereine, gerbant au fond de la pensée, Dans les vallons du cœur, la moisson des lys noirs. ”
Joseph Autran,
Paroles de Salomon
(1869)
“ A ce vieillard qui passe, et, la tête inclinée, Achève en mendiant le reste du chemin, Et qui ne voit finir une triste journée Qu'avec l'horreur du lendemain ! Qu'est-ce donc que la mort, puisqu'elle a deux visages ? Qu'est-ce donc que la mort, puisqu'elle est tour à tour, Suivant les lieux divers et les rangs et les âges, Notre épouvante ou notre amour? ”
Jacques Bénigne Bossuet,
Oraisons funèbres
“ Surtout, mortels, désabusez-vous de la pensée dont vous vous flattez, qu’après une longue vie, la mort vous sera plus douce et plus facile. Ce ne sont pas les années, c’est une longue préparation qui vous donnera de l’assurance. ”
Alfred Marchand, Les Poètes lyriques de l'Autriche… (1886)
“ Au milieu de ce qui change, tu seras ce qui dure ; au milieu de ce qui est mortel, tu seras ce qui est immortel. Va, marche, éternel pèlerin, avance sur la corde raide de la vie ! A droite et à gauche tu verras éternellement béant le gouffre de la mort ; souvent tu seras pris de vertige, mais tu ne tomberas jamais, jamais, jamais ! ”
M. P. C., Revue des Deux Mondes
“ Et la mort leur versait, d’une main attendrie, Le calme bienfaisant d’un sommeil sans désirs. D’un idéal nouveau, vous, les ardens apôtres, Ô morts, on a trouvé trop doux votre sommeil ! Tressaillez dans vos os, car voici le réveil ! Le scandale est le fruit de jours comme les nôtres : Nous usons notre cœur à sonder ceux des autres, Et nos yeux à compter les taches du soleil. Plus le mort était grand, et plus on est avide De fouiller son cadavre, ainsi que font les loups. ”
“ Mais nous n’avons sur ces objets tant désirables, tant désirés, aucune idée juste, aucune notion, aucun rayon de lumière ; car la mort imprime comme un cachet suprême d’immutabilité sur les êtres qu’elle a touchés. ”
George Eliot,
Middlemarch
(1872)
“ « Nous devons tous mourir » se transforme tout à coup dans ce sentiment poignant : « Je dois mourir, et bientôt ! » alors la mort nous saisit à bras le corps et ses doigts sont cruels ; après cela elle peut nous prendre dans ses bras comme l’a fait autrefois notre mère, et notre dernier moment de discernement terrestre et confus peut ressembler au premier. ”
Paul Collin, Trente poésies russes
“ C’est la mort, mais la mort sereine, calme, douce, La mort offrant, après le labeur accompli, Le bienfait du repos, le bonheur de l’oubli !... Mère attentive et tendre, ô nature, tu donnes Aux humains des leçons salutaires et bonnes ! Apprenons, nous aussi, mortels, à bien finir. Quand nous verrons la mort vers nous près de venir, Ne laissons échapper ni murmure ni plainte ; Que, libres de remords, nos âmes soient sans crainte, Et, levant simplement nos regards vers les cieux, Tombons la paix au cœur et le sourire aux yeux ! ”
Pierre Corneille,
Oeuvres de J. Racine et de P. et T. Corneille…
(1847)
“ Adieu : je vais chercher au milieu des combats Cette immortalité que donne un beau trépas, Et remplir dignement, par une mort pompeuse, De mes premiers exploits l'attente avantageuse, Si toutefois, après ce coup mortel du sort, J'ai de la vie assez pour chercher une mort. ”
François Puaux, Paroles prononcées dans le temple protestant de Mulhouse… (1864)
“ A côté de ces morts il y en a une qui diffère d'elles comme le calme diffère de la tempête; le mourant se retire peu à peu de la vie, sans efforts pour s'y rattacher ; il s'abandonne au courant du fleuve funèbre sans regrets pour ce qu'il quitte, sans crainte pour ce qui l'attend; il est doux envers la mort comme la mort envers lui ; il se laisse immoler comme un agneau, il s'éteint comme une lampe quand la dernière goutte d'huile est épuisée. — C'est cette mort que nous désirerions pour nous, nous direzvous? ”
H.-P. Dufraisse, Le Théisme, poème en trois décades… (1872)
“ Nul d'eux n'y reviendra, le gouffre les enterre Et pour l'Éternité. Mais la gloutonne mort Seule de ces maudits, Dieu le veut, fait du tort Comme avant ici-bas, et sous sa faux tout passe. On sait qu'il faut quitter la misérable impasse, Où nos corps relégués des vers sont le manger, Pour aller à jamais dans les cieux voyager, Et chacun par ses voeux à ce moment aspire. Mais, patient, il vit, sans tourments il respire. La terre abondamment produit sans ces excès, Dont on la fatiguait et souvent sans succès. ”
“ La Mort sur sa chair silencieuse étale Sa majesté funèbre et sa splendeur fatale, Et la divine paix des destins révolus. Puisque ta vision fut vraie, ô jeune femme, Que ta terrestre vie ait dénoué sa trame, Qu’importe ! Plonge au sein du monde essentiel ! Tes sens, féconds naguère en exquises souffrances, Ta forme, douce aux yeux, étaient des apparences. Le corps n’est rien de plus ; l’esprit seul est réel. ”
Guillaume Amfrye de Chaulieu,
Poésies de Chaulieu
“ De la mort, de nos maux, et de notre foiblesse, Les raisons de nous réjouir. Aux pensers de la mort accoutume ton âme ; Hors son nom seulement elle n’a rien d’affreux. Détachez-en l’horreur d’un séjour ténébreux ; De démons, d’enfer et de flamme, Qu’aura-t-elle de douloureux ? La mort est simplement le terme de la vie ”
André de Guerne, Le bois sacré (1898)
“ Mon âme en frémissant, par la tienne accueillie, Reverra-t-elle au fond du sépulcre adoré Ta suprême beauté par la mort embellie, Comme un marbre enfoui que les temps ont sacré? Garderas-tu toujours, soeur des mortes fidèles, Ton immobilité de songe et de langueur, Sur ton sein glacial croisant tes deux mains frêles Comme pour mieux céler les choses de ton coeur? Me voici. J'oublierai l'inviolé mystère Que ton rêve un seul jour nourrit avec le mien. Si la mort voit enfin ce qu'ignora la terre, La mort est sans parole et ne saura plus rien. ”
