Résumé

Paul Collin Trente poésies russes

Qu’on eût dit le doux chant d’un luth mélodieux.
Par le balancement de l’orchestre assouplie,
Ta taille était charmante et, je ne sais pourquoi,
Un nuage de grâce et de mélancolie
Me semblait vaguement flotter autour de toi.
Tu riais, cependant ; et l’éclat de l’aurore
Est moins frais et moins gai que ton rire moqueur...
Oh ! ce rire d’enfant, je crois l’entendre encore ;
Ce rire ! je l’entends à jamais dans mon cœur !
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Paul Collin Trente poésies russes

Je me disais « La terre est sombre et triste. Hélas !
La nature languit. Mais, plus encore qu’elle,
Mon âme est triste et mon cœur las ! »
Mais voici le matin revenu. La lumière
Au monde rajeuni rend sa fraîche beauté.
Au souffle caressant de l’aube printanière,
La terre reprend sa gaîté.
Aux baisers du soleil offrant leur cœur avide,
Les lys ont redressé fièrement leur front pur ;
Et le lac dans l’azur de son miroir limpide
Reflète le céleste azur.
L’oiseau, dans son doux nid, rouvrant son aile, envoie
Son salut amical au jour naissant. Hélas !
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Paul Collin Trente poésies russes

Pour les fleurs tout est joie et délice, au printemps ;
Combien, au pré natal, leur sont chères et douces
L’haleine des parfums autour d’elles flottants
Et l’adorable paix des herbes et des mousses !
Près de là, cependant, s’enroulant aux barreaux
De la grille de fer d’une étroite croisée,
Dont le jour vient à peine effleurer les carreaux,
Se balance une fleur sans soleil ni rosée.
Les fleurs des champs l’ont vue et, comparant son sort
À leur heureux destin, elles ont pitié d’elle.
Son printemps, un hiver ! et sa vie, une mort !
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