Résumé

Michel-Ange L’Œuvre littéraire de Michel-Ange

Tout ce qu’un grand artiste peut concevoir, le marbre le renferme en son sein ; mais il n’y a qu’une main obéissante à la pensée qui puisse l’en faire éclore.
De même tu recèles en toi, beauté fière et divine, et le mal que je fuis et le bien que je cherche ; mais l’effet de mes soins est contraire à mes vœux, et c’est ce qui me donne la mort.
Je n’accuserai donc de mes maux ni le hasard, ni l’amour, ni tes rigueurs, ni tes dédains, ni le sort, ni tes charmes,
Quand tu m’offres à la fois, dans ton cœur, la mort avec la vie, et que mon génie impuissant ne sait y puiser que la mort.
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Michel-Ange L’Œuvre littéraire de Michel-Ange

Mais si le trésor que vous laissa le pape Jules, pour que ses restes mortels fussent déposés dans le monument que vous deviez tailler, n’a pas suffi pour vous faire tenir vos promesses, que puis-je, moi, espérer ? Non, ce n’est pas votre ingratitude et votre avarice qui sont en cause, grand peintre, c’est la seule bonté et le mérite du pasteur souverain déçu. C’est Dieu qui a voulu que l’éternelle renommée du pape Jules n’ait que sa propre dépouille pour se survivre en sa simplicité, et non plus cette altière machine de mausolée qu’il n’aurait dû qu’à la vertu de votre style.
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Michel-Ange L’Œuvre littéraire de Michel-Ange

Non, cet ardent amour, qu’allume en notre sein une beauté ravissante, n’est pas toujours coupable envers Dieu, si le cœur, attendri peu à peu par ce doux sentiment, n’en devient que plus accessible aux traits de la divine lumière.
L’amour nous ranime et nous excite ; il nous donne des ailes pour voler aux plus hautes régions ; et souvent sa brûlante flamme est le premier degré d’où l’âme, inquiète ici-bas, s’élance vers le créateur.
Ah ! celui que tu inspires n’a rien de vain ni de fragile : tous ses désirs sont élevés ; c’est le seul qui convienne à un cœur noble et vertueux.
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