Résumé

Portrait de Armand Silvestre Armand Silvestre Les Renaissances/Lemerre, 1870

La douceur des baisers que ma sœur m’a promis,
L’ombre qui peuplera l’immensité sacrée !
Gardiens de mon espoir et de la foi jurée
Au seul et triste amour que vous m’ayez permis,
Cieux vivants, dites-lui, qu’elle en soit déchirée,
Le mal que j’ai souffert d’un cœur ferme et soumis !
Quand la mort me rendra ton âme, ô ma Colombe,
Je ne souffrirai pas qu’aux roses d’une tombe
Refleurisse l’éclat mortel de ta beauté.
C’est dans l’oubli jaloux de ta splendeur cruelle
Que je veux à jamais, sereine volupté,
Boire tes longs parfums, ô fleur spirituelle !
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Portrait de Armand Silvestre Armand Silvestre Les Renaissances/Lemerre, 1870

Et bercez, dans l’azur indifférent des cieux,
L’appétit des corbeaux et l’amour des colombes
Et les chers souvenirs des cœurs silencieux !
Exilés de la joie et de la foule impie,
Les amis des tombeaux vous écoutent, charmés :
Chantez l’hymne suprême où leur oreille épie
Des mots, des mots connus et des rythmes aimés !
Vous êtes la pitié de celle qui nous tue
Et dont l’amour tardif nous défend de mourir,
Et qui, le coup frappé, laisse l’âme abattue
Regagner lentement la force de souffrir ;
Vous êtes la pitié cruelle de la Vie,
Et douces cependant à qui vit sans remords.
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Portrait de Armand Silvestre Armand Silvestre Les Renaissances/Lemerre, 1870

Comme un fleuve lacté, la lumière s’épanche
Sur les coteaux légers que baigne son flot clair :
— L’Aube sur les coteaux traîne sa robe blanche.
Les grands arbres, sentant les oiseaux éveillés,
Chuchotent dans la brise errante où s’évapore
L’âme des derniers lis par la nuit effeuillés :
— L’Aube sur la forêt pose son pied sonore.
Sur l’herbe drue où court l’insecte familier
Une gaze de longs fils d’argent s’est posée,
Et la bruyère aiguë est pleine de rosée :
— L’Aube sur les gazons égrène son collier.
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