Armand Silvestre,
Les Renaissances/Lemerre, 1870
“ La douceur des baisers que ma sœur m’a promis, L’ombre qui peuplera l’immensité sacrée ! Gardiens de mon espoir et de la foi jurée Au seul et triste amour que vous m’ayez permis, Cieux vivants, dites-lui, qu’elle en soit déchirée, Le mal que j’ai souffert d’un cœur ferme et soumis ! Quand la mort me rendra ton âme, ô ma Colombe, Je ne souffrirai pas qu’aux roses d’une tombe Refleurisse l’éclat mortel de ta beauté. C’est dans l’oubli jaloux de ta splendeur cruelle Que je veux à jamais, sereine volupté, Boire tes longs parfums, ô fleur spirituelle ! ”
