Armand Silvestre

Armand Silvestre

Résumé

Portrait de Armand Silvestre Armand Silvestre Les Ailes d’or

La douceur de ses yeux, la pâleur de son front.
Souvent le mal d’aimer survit au bien de croire :
Comme au plaisir notre âme est fidèle à l’affront.
Non ! rien n’est mort pour moi des cruelles délices
Que verse à mes regards son être de clarté.
Le poison souille-t-il l’or sacré des calices ?
C’est d’un métal plus pur qu’est faite la beauté.
À l’encens que le prêtre aux pieds du Dieu balance
Mon désir sans espoir et sans plainte est pareil :
Car j’ai fait mon orgueil d’adorer en silence
Ce soleil dont mon sang teint le couchant vermeil !
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Portrait de Armand Silvestre Armand Silvestre Les Ailes d’or

D’un sang jeune et fumant teint le coteau vermeil,
Et, du voile flottant des brumes caressée,
Cache ses flancs meurtris aux baisers du soleil.
Evohé ! — C’est le temps où la chanson du cuivre
Sonne, sur les chemins, l’appel des vendangeurs,
Où le vin tiède encor dont leur foule s’enivre
Fait les vieillards et les jeunes songeurs.
Evohé ! — C’est le temps où les filles robustes,
Sous les jours amortis où l’Automne s’endort,
Jusqu’au tronc noir des ceps penchant leurs nobles bustes,
Font pleurer sous l’acier la grappe aux larmes d’or.
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Portrait de Armand Silvestre Armand Silvestre Les Ailes d’or

Et ton cœur a fleuri dans les lys des autans :
— La mort, comme l’hiver, nous prend des hirondelles ;
Mais, pour les ramener, il n’est pas de printemps !
Comme un hôte des cieux je t’avais respectée
Et, ne voyant en toi que l’être qu’on défend,
À genoux, je t’avais au tombeau disputée...
Sans être père, hélas ! j’ai perdu mon enfant !
V
Innombrables adieux dont est faite la vie !
Les plus durs ne sont pas ceux qu’on dit aux mourants.
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