Victor de Laprade,
Victor de Laprade
“ Verse à flots sur mon front ton ombre qui m’apaise ; Puisse mon sang dormir et mon corps s’affaisser ; Que j’existe un moment sans vouloir ni penser : La volonté me trouble, et la raison me pèse. Je souffre du désir, orage intérieur ; Mais tu ne connais, toi, ni l’espoir, ni le doute, Et tu n’as su jamais ce que le plaisir coûte ; Tu ne l’achètes pas au prix de la douleur. Quand un beau jour commence et quand le mal fait trêve, Les promesses du ciel ne valent pas l’oubli ; Dieu même ne peut rien sur le temps accompli ; Nul songe n’est si doux qu’un long sommeil sans rêve. ”
