E. Houard, Une âme. Poésies posthumes : dernières pensées (1891)
“ J'aime que sur mon front rêve une jeune fleur, Violette, anémone, ou lilas ou pervenche ; Si, dans l'ombre, mon front plus inquiet se penche, L'aile de son doux rêve y jette une lueur ! Et je me sens unie à ma corolle blanche, Ma fièvre s'est calmée à sa douce fraîcheur ! Elle gazouille ainsi qu'une plus jeune soeur, Et je sens qu'en son sein ma tristesse s'épanche ! POURQUOI ? Le soleil naît plus tôt; et meurt plus tard le soir, Avril s'épanouit ! Le coeur s'ouvre à l'espoir ! — A peine a-t-on senti le parfum d'une rose Mai s'enfuit ! l'été vient, et puis l'hiver morose. ”
