“ Le monde te paraîtrait moins vide si tu le regardais aux bons endroits, surtout si tu ne le regardais pas du fond de ton vide à toi-même et du fond de ta vieillesse qui te vieillit tout. Jamais il n’y eut plus de vie, plus de travail fécond, plus de lumière. La science, qui de jour en jour s’étend, s’approfondit, circule, se propage, aurait-elle, pour toi, perdu de sa beauté ? ”
Résumé
"Fin de vie", d'Eugène Noël, explore les tensions entre science, mort et équilibre moral à travers une réflexion introspective et sociale. L'œuvre, traversée par des thèmes comme la Révolution, la nature et la solidarité humaine, interroge le rôle de la science comme force unificatrice.
À travers des personnages tels que Pouyer ou Pouchet, l'auteur dénonce l'individualisme et prône une vision élargie de l'existence, où la vie et la mort s'entrelacent dans une quête de justice et d'unité. La citation sur l'"association mystérieuse de tout ce qui vit" révèle une vision optimiste, malgré les crises et l'incertitude du monde.
Citations de Fin de vie (Eugène Noël)
“ Au Tot, où j’eus après la mort de mon père à diriger le moulin, l’état rêveur persista, s’édifia, se nourrissant des faits de nature observés dans les prés, dans les bois, au bord des ruisseaux. Jamais, cependant, je ne sus m’astreindre à scruter scientifiquement cette nature aimée. Aussi, en aucune partie des connaissances humaines n’ai-je rencontré chez personne une ignorance égale à la mienne. Du côté des arts, même lacune ; ni musique, ni dessin ; je n’ai même jamais su danser. Une incapacité étonnante en est résultée, mais aussi une très grande liberté de penser. ”
“ Ah ! quand lui confiera-t-on à cette science son vrai rôle d’élargir et d’élever les âmes, de nous ramener à la lumière morale, à la justice, à la bonté, à la loi de solidarité qui unit tous les êtres, qui les fait ne vivre que l’un de l’autre et l’un par l’autre. On a cru beaucoup trop de nos jours à la loi d’antagonisme et de concurrence vitale. La vraie loi universelle, c’est l’association mystérieuse, intime, ineffable, indestructible et délicieuse de tout ce qui vit (et tout vit à des degrés divers) . ”
“ L’équilibre n’existe nulle part, ni dans le monde physique, ni dans le monde moral ; il tend partout à s’établir, mais tout lui résiste. L’équilibre, ce serait la mort, non pas la mort telle que nous la connaissons, mais la mort réelle, c’est-à-dire le repos absolu. ⁂ La mort est un acte essentiel de la vie. En aucun de ses phénomènes la vie ne se montre plus énergique, plus puissante, plus souveraine. ”
“ Un être qui périrait en ferait périr des milliers à côté de lui. Vous figurez-vous le monde végétal se mettant en tête que le monde animal ne vit qu’à ses dépens, et rêvant de s’en affranchir ? Ce serait la préparation de sa propre ruine. Tant que la science n’aura, comme réconfort moral, rien de plus que cet enseignement écœurant de la lutte universelle, elle restera au-dessous de toutes les religions. La science nous redonnera, comme les anciennes religions, une énergie vivifiante plus ample, plus humaine, plus sociale que les religions n’avaient pu le faire ”
“ Tout cela me revient en me rappelant qu’un de ces Pouyer, sans malveillance d’ailleurs, me reprochait, il y a soixante ans, mes airs de Gobe-la-Lune. Eux, ont gobé les millions ; mais, hélas ! qu’en ont-ils fait ? Et moi, qu’ai-je fait de mes rêves lunaires ? ⁂ Un souffle de socialisme s’élève de nouveau sur le monde. On avait cru pouvoir l’étouffer vite. Mais après un sommeil apparent, le voici qui nous revient plus vivant, plus puissant, plus universel... C’est, en effet, le socialisme international qui se pose, à cette heure, en Allemagne, en Belgique, en France... ”
“ Montaigne s’essaie, comme s’essaie la nature entière qui, d’essais en essais, va toujours recommençant l’éternelle et changeante besogne, série infinie de tâtonnements où l’âme ne peut prendre pied et toujours va, cherche, cherche, s’essaie en un éternel apprentissage. Montaigne n’a vu au monde rien de plus que des essais. Tout ce qui se fait ne lui paraît être qu’essais, et voilà pourquoi il se décide à nous donner, lui aussi, non pas son oeuvre ou ses œuvres, mais les Essais de Michel Montaigne. ”
“ La conversation entre Georges et moi s’engagea, à propos de cette biquette, sur les changements qui pourront d’ici à cent mille ans se produire dans toute l’animalité. Nous donnions cours à notre imagination, arrangeant à notre fantaisie le monde de ce temps-là. Notre ardeur pour le transformisme nous faisait mettre gaillardement toute la faune à la refonte. Pouchet père, la main rabattue en conque sur l’oreille, essayait de suivre la conversation, mais n’arrivait à saisir qu’un mot de temps en temps, malgré nos efforts de voix. ”
“ Le vieil esprit juif : guerre et haine à la gentilité, c’est-à-dire à l’univers entier ; vol, ruine, destruction à tout ce qui n’est pas juif, à tout ce qui n’est pas le peuple de Dieu ; vieux patriotisme, vieux militarisme romain, tout ce passé tient à la gorge le monde qui voudrait naître et l’étouffe. ⁂ Certes, ce fut très beau, très bon, très noble et très grand dans l’ancien monde, le sentiment national ; mais il faut au monde actuel un agrandissement, un approfondissement de l’esprit social que nos pères d’aucun pays ne purent ni concevoir, ni prévoir. ”
“ Voilà l’homme ! Ah ! mensonge ! mensonge ! L’heure ne viendra-t-elle pas d’en finir ? Le fond, le dessous des masses populaires, paraît sentir que cette heure est venue ; mais tout le dessus, perdu de science fausse, empoisonné par ses pions, ses pionnes, ses beaux diseurs, troublé d’esprit par une littérature imbécile, hésite, recule, chancelle, balbutie, ne peut dire oui ni non et n’ose se séparer de la peste. Le Moyen-Âge, l’Église ne nous ont-ils pas été bénévolement dépeints sous des poétiques couleurs et par Hugo et par Michelet (hélas !) ”
“ Le besoin le plus impérieux de l’âme humaine, c’est d’aimer jusqu’au dévouement absolu. Les hommes n’ont tout leur enthousiasme, toute leur joie, que devant la mort affrontée. — Ne pas avoir fait le sacrifice de soi-même, c’est n’avoir pas trouvé sa vraie force. Ce dernier alinéa explique ma propre nullité et le peu qu’aura été ma vie. Mais revenons à l’Inde si terriblement exploitée par l’Angleterre. Je me rappelle avoir lu dans Jacquemont que la domination anglaise sur une si vaste et si misérable contrée est, malgré tout, un bienfait, vu l’état moral et social du pays. ”
“ Nul besoin de courir le monde pour y trouver des merveilles. Voilà comment la réminiscence des divertissements de l’enfant sont aujourd’hui la réjouissance du vieillard. Rabâchages, radotages, ramollissement, à la bonne heure ! mais cela même est de la métamorphose et de la vie ! On se sent aller doucement à sa pente. Ce que fait sur ma cheminée la tige de balsamine, je le fais, moi aussi ; c’est la loi universelle. ”
“ Fin d’un monde, mais qui s’accompagne de recommencements. ⁂ La vie serait terne sans ce grand coup final, la mort, qui relève et enlève tout. La mort ! n’est-ce pas pour toute existence l’heure du pardon, de la rentrée en grâce et quelquefois de l’entrée en gloire ? Tous devraient y trouver une lueur d’apothéose. « La mort, dit Proudhon, est la dernière des béatitudes. » ”
“ Nul en France ne fut plus intime avec ces grands hommes ; nul ne sut mieux penser, vivre moralement, et même à l’occasion s’amuser et plaisanter avec eux, car il était leur camarade et leur ami. Et parmi les contemporains et compatriotes, il sut aussi choisir. À Rouen, la vieille cité normande qu’il aima et qu’il chanta, ses compagnons constituaient certainement l’élite par l’intelligence ou le génie, par le savoir, l’esprit et la noblesse de l’âme. Avec eux il connut le bonheur et sut l’apprécier. Noël comprit si pleinement sa haute chance qu’il en resta toujours jeune ”
“ Tu fus flamme, lumière, chaleur, électricité ; peut-être tu fus âme ! ⁂ En son enfance naïve, l’humanité voyant la matière si peu solide, si muable, si périssable, prenant en ce phénomène la vie pour la mort, imagina en dehors de la matière un être supérieur à tout, invisible, intangible, impérissable ; elle imagina l’âme, l’esprit. ”
“ Matière et vie nous rendront, nous ont déjà rendu au-delà de ce que l’enfance philosophique du monde avait rêvé ou pressenti. L’éternité, l’ubiquité de vie, de puissance d’action imaginées en Dieu, la Matière ne vous les rend-elle pas ? Matière autrefois si dédaignée, aujourd’hui si glorieuse et destinée à le devenir toujours plus ! ”
“ Hommes complets, ils étaient paysans par l’émotion primitive et simple, par l’admiration naïve, par la familiarité avec le brin d’herbe et tout ce qui germe dans la terre, tout ce qui vit dans l’enclos, dans le pâturage et la forêt : mais ils étaient aussi d’admirables raffinés par l’acuité de leur connaissance en hommes et en œuvres humaines, par l’ampleur de leur savoir, par l’aisance de leur commerce avec tous les hommes. ”
“ Mourez donc, beaux millions, mourez, milliards monstrueux, il se peut que de votre mort le monde entier ressuscite. ⁂ Miracle ! miracle ! miracle ! Toute la médecine une fois encore décontenancée et révolutionnée. Des guérisons se font, paraît-il, comme autrefois en faisaient les prophètes, les thaumaturges, les sorciers, comme en faisaient Jésus, Mahomet et le diacre Pâris. Le sorcier ou prophète se trouve être aujourd’hui un gars de dix-huit ans et demi, valet de ferme à l’île d’Oléron. D’abord on venait seulement des pays voisins et surtout de La Rochelle se faire guérir et miraculer. ”
“ Le temps était superbe et nous eûmes au Tot le très joli spectacle des sept cents électeurs de Monville se rendant à Clères, avec drapeaux et musique. Levallois, encore collégien, était justement à passer à la maison ses jours de vacances. Nous allâmes, mon père et moi, voter, et l’on nous retint au scrutin, dont le dépouillement dura tout le soir, toute la nuit et toute la matinée. Nous y restâmes sans broncher ; c’est la seule nuit de ma vie passée sans interruption au travail. ”
“ J’ai donné depuis à la politique bien des pensées, peut-être bien des paroles vaines, mais jamais plus je ne m’y suis mêlé d’action, et je doute que personne au monde s’en soit plus que moi tenu à l’écart. ”
“ Parce qu’on est vieux, tout n’est pas perdu ; la vieillesse peut trouver à la vie sa part délicieuse et même des plaisirs nouveaux : apaisement, calme, sérénité, heures de pensée haute, clairvoyante et pure. ⁂ On sent dans l’air, autour de soi, partout, comme l’incubation immense d’un monde prêt à naître. ”
“ Le monde lui-même s’est révélé constructeur, constructeur éternel, tout-puissant, infini dans le grand, infini dans le petit, intelligent dans ses moindres atomes, et, nous devons l’espérer, connaissant la justice, la bonté, la grâce, qui a son reflet partout dans la nature. ”
“ Et maintenant, demandez-vous par quel bon miracle de nature on peut trouver encore, en un pareil monde, chez les plus abandonnés et les plus dégradés, des lueurs et des élans de conscience... N’en doit-on pas conclure que malgré tout, l’espoir est possible et que l’humanité, quant au bien, ne peut avoir dit son dernier mot. ”
“ On a supposé que l’esprit parti il ne restait plus rien que matière puante, et, par conséquent, méprisable ; mais sa puanteur, c’est sa vie ; Matière ne connaît pas la mort ; Matière, c’est la vie éternelle. ”
“ Je marchais à grands pas, lançant du pied les cailloux comme si ces malheureux cailloux avaient été gens de lettres. Je triomphais en me reconstituant pour le XXe siècle une grande littérature mêlée à la vie, à l’action, ressuscitant et dirigeant le monde. ”
“ Le monde n’est qu’une branloire pérenne ; toutes choses y branlent sans cesse : la terre, les rochers du Caucase, les Pyramides d’Égypte ; et du branle public et du leur, la constance même n’est qu’un branle plus languissant. ”
“ Sentir en soi la puissance de guérir ! Peut-être ne faut-il que cela pour en arriver au miracle. Et si les centaines, si les milliers de pèlerins d’Oléron n’ont pas perdu la tête dans un affolement contagieux (ce qui est après tout possible) , quel est donc le secret du nouveau guérisseur ? Son nom : Montant, est en train de se répandre par toute la terre étonnée ; mais le plus étonné dans cet étonnement universel, ce doit être Montant lui-même. ”
“ Est-il bien sûr que qui dit Matière ne dise pas esprit, ne dise pas âme, univers, Dieu ? Chaque jour, au bout de vos télescopes, de vos microscopes et dans vos creusets d’analyse, que voyez-vous s’épanouir, sinon les splendeurs de la matière ? ”
“ Jean Macé, qui fut toute sa vie professeur de jeunes filles, n’a rien tant à cœur que de ne pas enlever aux chères fillettes leur petit Bondieu ; et sans doute, c’est respectable ; mais le petit Bondieu des âges primitifs, des petites philosophies enfantines, voilà précisément le hic. C’est cette idée qu’on ne peut plus supporter, idée enfantine d’un constructeur et directeur des choses. ”
“ Mozart subjugue l’âme et l’enchante. C’est comme un chant inspiré des plus impénétrables mystères de la vie et de la mort, avec un fonds de mansuétude, d’amour, de paix, d’espérance qu’on trouve rarement exprimés avec cette force, cette sûreté, cette simplicité — simplicité si pleine d’art pourtant et d’un savoir si profond. ”
“ La nature nous a préparé à tous un meilleur asile. Elle nous ensevelit en elle-même, tombe et berceau de toute vie. Quand ceux qui nous auront aimés trouveront en ce monde quelque chose de bon, ils seront dans la vérité s’ils se disent : Il y a peut-être là-dedans un peu de nos chers morts. ”
“ L’œuvre de Lamennais est finie et celle du pape ne durera guère ; mais un puissant pamphlétaire nous reste en Lamennais. Combien haut il s’élève en religion au-dessus des tentatives papales, et, comme écrivain, au-dessus de tous nos artistes en style !... Ce que la conviction ajoute au talent, nous en avons un bel exemple... C’est un de mes bons souvenirs d’avoir, au temps de sa célébrité, vu chez lui plusieurs fois, avec Michelet et Dumesnil, cet austère et vaillant défenseur d’une grande cause perdue. ”
“ Mais ce que je me rappelle surtout du père et du fils Germain, c’est leur jardin. Passionnés de culture florale, ils n’avaient malheureusement qu’une cour sombre, humide et glaciale, que jamais n’égayait le soleil. C’est de cette cour qu’ils avaient fait leur jardin. J’y voyais les plantes s’allonger, s’étioler, prendre un aspect absolument différent des mêmes plantes cultivées chez nous en plein air. Un genêt d’Espagne me navrait par ses attitudes ; il avait perdu la faculté de fleurir ; visiblement, il ne pouvait vivre longtemps ; en le voyant ainsi languir, je pensais au fils Chastel. ”
“ En de certains temps, les hommes paraissent si méprisables, que si l’on était la Peste, on s’en donnerait à cœur joie de leur destruction. ⁂ Si, comme on l’assure, la volonté est en nous une résultante de toutes tes forces de notre organisme combinées avec les forces du monde, pourquoi le résultat de la vie universelle ne s’appellerait-il pas volonté de l’univers, et pourquoi, en cette volonté supérieure, ne verrait-on pas Dieu ? ”
“ Bâtissez pour vos morts tombeaux, cercueils, pyramides, trouvez pour les construire les métaux les plus inusables, jamais vous ne forcerez un mort à rester dans la tombe ; toujours il vous échappera. Nous sommes tous et resterons l’invincible résurrection. La vie n’est qu’apothéose. ”
“ On file la science, on met l’histoire en petites bobines patriotiques dont les lycées sont les dévidoirs. On file la morale, on file finement la philosophie, on file tout, et de nos jours, ô merveille, on a réussi à réduire la main-d’œuvre. ”
“ « Je vous dirai donc que dans votre Moi se trouve la meilleure philosophie, celle qui consiste à se laisser bercer par la grande Cybèle, comme un enfant par sa mère. » Cette philosophie-là est-elle la mienne ? Hélas ! non, vous le savez bien ; mais c’est le cas de dire, avec le poète latin : » Meliora video pudroque, etc., etc. » Ce qui la produit d’ailleurs chez nous, c’est l’ondoyance même ; oui, la charmeresse ondoyance de votre pensée si humblement pieuse envers l’infini. » Combien vous avez raison d’assurer que le mot toujours est un rapetissement des choses ! ”
“ Hypotheses non fingo (Newton) , la matière divine se révèle en sa radieuse et sublime réalité. Ô Matière, « Voulez-le, ne le voulez pas, comme dit Bossuet, l’éternité vous est assurée ». Pulvis es... Poussière, mais poussière-âme et poussière-vie. ⁂ « Que serait un Dieu qui n’agirait que du dehors, qui du doigt ferait courir l’univers dans son orbite ? Il lui sied mieux de mouvoir le monde du dedans, de s’enfermer dans la nature, pour que tout ce qui vit, tout ce qui existe dans le monde sente toujours présentes l’énergie divine, l’âme divine. » ”
“ Il est une source de désaccord entre les hommes qui ont inventé les mots pour s’entendre, et qui ne s’entendent pas justement parce qu’il y a des mots ; témoin le mot Dieu. » Ernest Chesneau : « Je viens de passer quelques instants délicieux à lire Moi, et cette joie, je me promets bien d’y revenir. Je ne m’engage pas dans le fond de la question, j’admire même le sans-façon avec lequel vous l’abordez, cette question du moi et du non moi, que le génie d’un Hegel a su rendre terriblement absurde ; vous, parrain, vous jonglez avec ces formidables haltères comme avec des pois chiches. » ”
“ Eugène Noel ne ressemblait à personne. Né de la terre comme un faune ou comme un sylvain, il avait grandi et s’était développé comme un paysan philosophe, bien à part, avec son caractère bien à lui, ses idées propres, ses fantaisies personnelles, son mouvement spontané de passion et de joies. Il n’eut rien à perdre de son enfance toujours libre et heureuse ; il n’apprit point à feindre, à simuler, à se grimer comme la plupart des hommes ; il se laissa porter par la vie sans avoir à faire effort contre le courant. ”
Termes fréquents
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